Le dessinateur explique dans un post être la cible de centaines d’insultes sous les posts où il publie ses dessins sur Facebook, et suite à «des dessins satiriques traitant de la récupération politique» autour de la mort de Quentin Deranque à Lyon.
En caricaturant le traitement médiatique et la récupération politique de la mort de ce militant de la mouvance identitaire tué dans un affrontement de rue, le dessinateur s’est retrouvé la cible de messages haineux : «Ces insultes se sont alors intensifiées et un seuil a été franchi, ayant reçu des menaces de mort pour un dessin.» (source)
« Les dessinateurs et dessinatrices de presse sous pression »
Il y a quelques jours, le réseau Cartooning for Peace publiait son rapport 2023-2025 sur la situation des dessinateurs et dessinatrices de presse dans le monde où on peut lire «Dans un monde polarisé et fragilisé ouvert aux vents de l’extrémisme et de la désinformation, la mobilisation de tout un chacun pour la défense des valeurs démocratiques, et en particulier de la liberté d’expression, n’en devient que plus pressante.» (source)
La situation de Bésot n’est pas un cas isolé et le rapport précise que «depuis l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015 qui a tué plusieurs de ses caricaturistes, on constate que tous les dessinateurs de presse peuvent un jour faire l’objet de menaces.» (source)
Le rapport détaille de nombreuses situations à travers le monde et propose des pistes de réflexions autour de cette question de la politique «Comment dessiner dans un contexte de polarisation extrême ?» avec des statistiques édifiantes : «plus de 75% des dessinateurs ont reçu des messages insultants, et 53 % des menaces.» (source)
A travers le monde, le contenu politique est «la principale cause de censure, de suspension de comptes et de menaces.» (source)
« Ne cédons pas à la peur, ne nous taisons pas, restons unis et forts !»
Dans une interview, il explique au micro de Simon Maunoury «Je ne suis militant nulle part. Sur les quatre menaces de mort, il y en a une directe et trois indirectes.» et détaille les menaces reçues (source) et indique faire attention dans son quotidien et s’auto-censurer dans son travail pour ne pas alimenter ces attaques.
En saisissant la justice, il précise que ces intimidations ne m’empêcheront pas de faire son travail de dessinateur de presse et que «Face aux violences de l’extrême droite, parfois mises sous le tapis voire adoubées par certains médias et politiciens avides de pouvoir, ne cédons pas à la peur, ne nous taisons pas, restons unis et forts !»
Son travail est visible actuellement à la Bibliothèque Oscar Niemeyer du Havre dans une exposition collective «Quand la presse s’illustre» visible jusqu’au 30 avril (plus d’infos ici) et vous pouvez soutenir son travail sur son compte Tipeee.
Image principale : Carte des menaces recensées par Cartooning for Peace entre 2023 et 2025 / ©Cartooning for Peace










