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Incontournables
par Thomas Mourier - le 4/06/2017
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par Thomas Mourier - le 4/06/2017

Lucky Luke, L’homme qui tire plus vite que son ombre

L’humour et les personnages qui accompagnent « L’homme qui tire plus vite que son ombre » sont gravés dans l’imaginaire collectif, bien au delà des seuls lecteurs de BD.

Lucky Luke : Les Collines Noires de Morris & Goscinny, Dupuis

La série arrive presque aux 100 albums, un chiffre hallucinant quand on sait que la grande majorité a été dessiné par Morris sur presque 6 décennies, dont une cinquantaine avec son complice René Goscinny. Proche des cartoons américains à sa création, il s’est peu à peu dégagé de ses influences, évoluant au fil des albums. Le personnage de Lucky Luke ne cessera de se renouveler.

Ce sera avec l’arrivée de René Goscinny pour l’album Des rails sur la prairie que les personnages vont trouver leur rythme de croisière. Avec le scénariste d’Astérix, les histoires de Lucky Luke ont désormais la bonne idée d’être drôles, mais également de proposer un scénario solide & plein de références. Des récits complets, inspirés de faits réels, un humour sans limites avec un héros qui sifflote enfin sa chanson au soleil couchant.Les deux auteurs vont créer deux longs-métrages mémorables aux scénarios originaux, Daisy Town puis La Ballade des Dalton au sein d’un studio fondé par Goscinny & Uderzo.

Un succès à la suite des Douze Travaux d’Astérix, qui auraient pu être le début d’un pôle d’animation exceptionnel mais la disparition prématurée de Goscinny et la fin des Studios Idéfix signa la fin de l’aventure du grand studio français. Peu de séries ont égalé ce cocktail génial de divertissement et de plaisir intellectuel, servi par un dessin toujours plein d’audace. Caricatures au milieu de décors parfaits, obsessions géométriques dans des paysages de Far West galvaudés, portraits de légendes au milieu de stéréotypes : l’univers de Luke s’articule sur une frontière esthétique entre l’extravagance et la passion de la documentation.

Un travail soutenu par une utilisation de la couleur inédite et une grande attention aux ombres & à l’encrage. Aplats de couleurs très tranchés, dominantes de rouges ou de jaunes qui envahissent les pages pour exprimer les émotions, Morris sera l’un des auteurs les plus innovants dans un contexte encore très standardisé. L’héritage de Morris est immense et certains albums sont intemporels tant ils se révèlent toujours neufs & réussis à chaque relecture.

Malheureusement, la série a eu des hauts et des bas selon les scénaristes qui ont accompagné Morris après Goscinny, certains très réussis et d’autres qui apparaissent comme des contrefaçons tellement l’esprit du personnage paraît loin. La série s’ouvre également à des one-shot réalisés par des créateurs qui ont carte blanche. Celui de Matthieu Bonhomme L’Homme qui tua Lucky Luke, est très beau tout en restant proche de l’esprit d’origine, et celui de Guillaume Bouzard Jolly Jumper ne répond plus (voir notre coup de cœur ici), est une réussite totale qui rejoint la liste des meilleurs albums du cowboy.


Illustration principale : ©Lucky Comics / Dargaud

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