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24 juil. 2026

“Six balles. Un détonateur. Une promesse. Il n’y a rien entre mon objectif et moi … A part tous les soldats de cette fichue ville.”. Quand je lis ce résumé sur la quatrième de couverture, de primes abords, je suis pas forcément emballée. Je me dis que cela risque encore d’être un titre d’action sans vraiment de profondeur. Mais Thomas me rappelle l’auteur : Rick Remender. Alors non, c’est forcément bien plus profond que cela en à l’air. Effectivement, la préface finit de me convaincre : il est question d’un récit de vie, celui d’un homme, Melvin Remender, qui n’est autre que le grand-père de l’auteur. Un homme revenu de la Seconde Guerre Mondiale avec l’esprit torturé, plongeant la famille dans un mal-être qui se transmettra sur deux générations. Rick Remender explique que c’est à la mort de son père, qu’il a eu envie de se plonger dans l’histoire de son ancêtre, et d’y découvrir l’homme qu’il a été, avant que le conflit ne le brise. Un pilote de guerre de la Air Force, avec plus de 28 vols à son actif (ce qui est en soit des plus impressionnants quand on se rappelle à quel point il était rare qu’un homme survive à bien moins que cela.). Dans ce premier tome, on suit donc Milton - largement inspiré de Melvin - lors de sa 28ème mission, alors que l’avion est pris dans le feu ennemi. Alors que l’avion est abattu, Milton se parachute loin derrière les lignes ennemies, dans une ville qu’il vient de bombarder et donc … où il est activement recherché. Persuadé qu’il ne pourra rentrer à la maison sain et sauf, il tente le tout pour le tout, autant finir la mission pour laquelle il a été envoyé. Une mission suicide, mais avec le coeur vaillant. Ce récit m’a happé, je l’ai finit d’une traite, et écrit ses lignes seulement quelques minutes après l’avoir refermé. Ce titre est puissant à bien des égards. Une véritable réflexion est amorcée dès la première planche sur la relation d’un peuple, avec la décision de son gouvernement d’enclencher une guerre et de commettre des atrocités : doit-on tenir un peuple pour responsable lorsqu’un tyran accède au pouvoir et qu’il n’est pas renversé ? Peut-on juger les soldats comme responsables des vies prises, alors qu’ils combattent souvent par crainte de voir leur famille tuée en cas de résistance ? Un peuple est-il indissociable de son gouvernement ? Autant de questions qui m’ont toujours habitée, mais que bien souvent, je trouve reléguer au second plan (si ce n’est au centième…). Escape est donc bien loin d’un récit d’action léger, il propose une véritable immersion dans la guerre, dans ses complexités et contradictions, et dans ses répercussions les plus intimes. Côté dessin, on retrouve Danier Acuña, un dessinateur que Rick Remender avait à coeur d’avoir à ses côtés pour ce titre, puisqu’il a pour lui aussi, une résonnance toute particulière. Il fallait bien deux descendants de soldats, pour livrer une oeuvre aussi réaliste. Conclusion : Une oeuvre à couper le souffle, qui nous plonge dans l’horreur de la guerre. Un récit conçu comme un hommage aux soldats qui ont contribué à ce que l’horreur cesse, il y a pas si longtemps que cela. Maéva.

👍