Manara revisite dans "Gulliveriana" le conte des "Voyages de Gulliver" à sa façon, avec une touche d'érotisme. Les différents univers du voyage laissent place à de belles illustrations en noir et blanc ou l'héroïne de ce one-shot laisse quelques plumes...des illustrations sensuelles, parfois sur page complète. Le monde des lilliputiens où Gulliveriana est considérée comme une géante permet de s'amuser avec les personnages, les bâtiments et la perspective, même chose lorsqu'elle devient elle-même lilliputiennes. C'est moins le cas dans les autres mondes qui sont balayés sur quelques planches seulement. Le dessin au trait est fidèle au dessinateur avec toujours un soin particulier apporté à la féminité et aux corps. Cela manque pour moi de travail sur la lumière (aplats, hachures ou autres techniques) pour donner plus de profondeur aux illustrations en noir et blanc. Au niveau du récit, "Gulliveriana" apparait plutôt comme un Artbook, car le scénario ne propose pas vraiment de trame poussée si ce n'est un voyage dans le paranormal et le fantastique, qui permet de faire subir à notre pulpeuse héroïne les affres des mondes de Gulliver, pour le plaisir des yeux. C'est tout de même trop limité pour un faire une œuvre mémorable et durable.