Juste après la vague avait pour moi énormément de potentiel grâce à cette idée très forte d’un monde progressivement submergé où des enfants doivent survivre seuls. Dès le début, on a envie de comprendre ce qui arrive à ce monde envahi par les eaux, et l’atmosphère mystérieuse fonctionne vraiment bien. Malheureusement, j’ai trouvé que beaucoup d’éléments importants restaient trop peu développés. Le récit aborde à la fois le survivalisme, le drame familial et le thème de l’abandon, mais sans jamais aller totalement au bout de ces idées. C’est d’autant plus frustrant que certaines situations auraient pu être extrêmement marquantes émotionnellement, notamment le fait de voir des enfants livrés à eux-mêmes dans un monde qui s’effondre. Pourtant, malgré la gravité des événements, j’ai eu du mal à ressentir une émotion vraiment forte ou à m’attacher pleinement aux personnages. Cela dit, adapter un roman en bande dessinée n’est jamais un exercice simple, surtout avec une histoire aussi dense et ambitieuse. On sent qu’il y avait énormément de matière à traiter, ce qui explique peut-être cette impression que certains aspects auraient mérité davantage de temps et de développement. La fin m’a aussi laissé un peu sur ma faim, car je l’ai trouvée assez rapide et très ouverte. En revanche, le gros point fort de la BD reste clairement le travail graphique de Dominique Monféry. Les aquarelles sont magnifiques et l’ambiance maritime mélancolique donne énormément de charme au récit. J’ai aussi trouvé les enfants crédibles dans leurs réactions et leurs dialogues, ce qui apporte malgré tout un certain réalisme humain à l’histoire. Au final, une BD visuellement superbe et pleine de bonnes idées, mais qui me laisse surtout l’impression d’un potentiel qui aurait mérité d’être davantage exploité. C’est principalement pour cette raison que je lui donne la note de ⭐ 3/5 ⭐