Scénario confus, univers flou avec peu de réponses à nos interrogations et des personnages qui se ressemblent un peu trop. Je suis pour ma part assez déçu
Très actif sur les réseaux sociaux où l’on peut savourer son splendide univers naturaliste, le suisse Elk arrive dans l’univers de la BD avec un premier album ambitieux… qui se trouve victime des mêmes difficultés que nombre d’albums d’illustrateurs solo dont l’envie graphique recouvre mal certains problèmes scénaristiques, à commencer par un manque de concision. Ainsi les cent pages de ce volumineux tome d’ouverture semblent d’autant plus malvenues que l’intrigue est typique d’un tome introductif, destiné à garder ses mystères. Après de premières pages où l’on découvre (enivrés par l’esthétique très réussie et le talent graphique d’Elk) ce monde et les interactions psychologiques complexes, l’histoire patine en reproduisant les mêmes schémas, les mêmes scènes que le huis-clos n’aide pas à aérer, jusqu’à une conclusion voulue comme choquante. Pourtant tout le travail de mise en scène de l’auteur mène à cette évolution logique sur l’identité profonde du prince. Mais en entamant sa série comme une fantaisie survivaliste progressivement colorée d’ethnographie slave, Elk met bien longtemps à redéfinir son projet qui finit par tomber un peu dans une certaine lassitude. C’est d’autant plus dommage que le travail esthétique et la construction psychologique sont tout à fait remarquables, appuyés sur une maquette entrecoupée d’enluminures et de poèmes mythologiques. Paradoxe du débutant qui a tendance à complexifier alors qu’il aurait fallu condenser. A la fois confiant en son art mais incertain sur son expression scénaristique, le dessinateur en rajoute et dilue l’intensité du propos. En abandonnant totalement le mystère autour des errants, le scénario se bloque sur l’élément perturbateur, cet inconnu qui dérange le seigneur des lieux, sans détailler le hors-champ. Confiné dans ces hauts murs, parmi un nombre réduit de protagonistes, on a le sentiment d’assister à une pièce de théâtre trop longue… L’aide du défunt Hubert ne semble pas avoir été suffisante pour cadrer l’aspect narratif de l’album. L’esthétique générale est suffisamment forte pour permettre un rebond pour peu que l’intrigue globale soit déjà ficelée mais il demeure que ce premier volume est une déception qui achoppe sur certaines bases dramatiques.
Si l’album est graphiquement superbe, aussi bien le trait délicat d’Elk que les sublimes nuances de couleurs, le récit est un peu trop confus pour réellement embarquer le lecteur. À trop se focaliser sur les relations sociales du protagoniste, que ce soit avec sa sœur, sa fiancée, ses hommes ou encore l’étranger, l’histoire souffre d’un manque de contexte et d’explications qui empêche de comprendre les tenants et aboutissements et, surtout, laisse dans un flou permanent. Sentiment renforcé par les différents personnages qui se ressemblent un peu tous et dont on ne sait finalement pas grand chose, hormis un lien plus ou moins vague avec le protagoniste. Malgré ces défauts, il se dégage de cet album une atmosphère qui donne envie d’en découvrir plus, en espérant que la suite éclaircisse davantage l’histoire.
Ça marche quand-même...malgré un scénario que trop vu (le grand mur (sérieux?), le peuple pestiféré/ infecté (sérieux?), des dialogues mal approprié "en ce moment il déraille " le mot deraille et très mal approprié à un peuple antique à cheval, ou d’autres encore un peu trop familiers, malgré tout cela ça marche. On est subjugué par le style graphique, les couleurs, la couverture, les inter chapitre, et le choix de mixer du deja vu sur un peuple nordique. Le scénario avec ces défauts fonctionne aussi et l’on se laisse porter par l’histoire. Je ne met pas.5 étoiles pour la facilité de scénario. Hâte du tome 2.
Soyons clair, Les chants du chaos d'Elk est graphiquement magnifique et la couverture, rappellant les grandes heures de Métamorphoses, a tout pour nous attirer. Pour l'intrigue, on est pour le moment sur une grande introduction délaissant les mystères de son univers pour se consacrer , et avec réussite, aux relations complexes de ses personnages et notamment des deux principaux. Elk dédie cet album à Hubert et au vu du ton, de l'ambiance et du propos, on comprend tout l'impact qu'a pu avoir le regretté scénariste sur cet album. Il n'en reste pas moins que, pour le moment, je reste un peu sur ma faim et que l'histoire, certes sympathique, reste classique voire prévisible sur sa première partie. Mais on sent que l'univers n'a pas encore été totalement abordé et que l'auteur a encore beaucoup de choses à nous dévoiler. Affaire à suivre