Alors, au début, j'ai eu l'impression d'être tombé en pleine fantaisie. Voyez-vous, on y parle d'un jeune Français invaincu sur le circuit ATP et vainqueur de 24 tournois du Grand Chelem. Ahah, mais sur quelle planète vit-on là ? 🤣🤣 Puis, au fil des pages, je me rends progressivement compte que nous sommes bien dans le monde de l'imaginaire, mais pas celui que je pensais initialement. Ici, c'est une véritable tragédie au sens de la mythologie grecque qui se déploie sous nos yeux. Max est une sorte de dieu vivant sur Terre mais isolé de tout ce qui échappe à la victoire. Un dieu dont la carapace se fissure peu à peu, le poussant à découvrir un monde d’émotions, sa propre fragilité, et le courage d'affronter tout cela. Notre Max est prisonnier de son conditionnement, et il va devoir se battre pour s’en libérer. Est-ce en quittant son statut de dieu vivant qu'il arrivera à déployer ses ailes ? Cette tragédie nous offre de vrais moments de beauté, que le trait doux de Jérémie Moreau exprime avec une grande sensibilité. Une douceur due sans doute à sa technique : un début sur Photoshop pour les esquisses et la composition, puis un retour au papier pour la texture et le trait final, et enfin des finitions au pinceau avant un dernier passage sur Photoshop. Fun fact : quand il sort Max Winson en 2014 – sa toute première BD en tant qu'auteur-dessinateur – il avait une vraie volonté de travailler en noir et blanc, alors peu intéressé par la couleur. Lors de cette sortie, il dira même au cours d'une interview : Les grands livres qui m’ont vraiment laissé pantois, qui m’ont happé dans la narration, ça a presque toujours été du noir et blanc. Je crois que la couleur rajoute quelque chose qui me gêne un petit peu dans la lecture. Je dis ça, je ferai sûrement plein de bandes dessinées en couleur après. Eh oui mon petit, eh oui !
🎞️Synopsis : Max Winson est la super star du tennis mondial. Il survole les courts, et n'a jamais perdu un match de sa vie. Il est même LA super star mondiale tout court. Exploité par un père-entraîneur tyranique, sa vie n'est que tennis et réussite. Un jour lui est proposé un match contre le numéro 1 d'une dictature, à qui la mort est promise en cas de défaite. Ce match et la rencontre avec une journaliste qui va lui expliquer que parfois il faut du courage pour perdre vont changer sa vision du sport, et de la vie. 🤔Ce que j'en ai pensé : 🔎Conseillé par ma librairie préférée @momiechambery, à qui j'avais déclaré mon amour pour "Le discours de la Panthère", j'ai été très surpris par Max Winson. Il y est question de tennis, bien sûr, mais surtout d'accomplissement de soi, de réussite et de défaite, de partage et d'échange, de starification, d'argent-roi... Les thématiques sont universelles et s'adressent donc aux non-amateurs de tennis, autant que "In Waves" peut parler à ceux qui n'entendent rien au surf. Max est un personnage mutique et effacé pendant toute la première moitié de l'ouvrage (ce qui m'a probablement un peu rebuté pour m'attacher à lui), qui va petit à petit se découvrir et s'affirmer, finalement s'émanciper. Le surréalisme va laisser place à l'intimiste. 🎨Le trait de Jérémie Moreau n'a rien à voir avec ce que j'ai pu voir dans "Le discours de la Panthère" ou dans "La saga de Grimrr". L'œuvre est en noir et blanc, le personnages facilement caricaturaux. Très différent donc. Certaines pages intimes sont vraiment touchantes. 🙂Au total un œuvre qui m'a un peu désarçonné notamment par le manque d'attachement que m'a inspiré Max, mais très agréable à parcourir.
Max Winson est un joueur de tennis, le meilleur de tous les temps. Max n’a jamais perdu un match, il est invincible... Mais a-t-il vraiment compris l’essentiel ? L’essence qui fait du tennis ce sport si formidable à pratiquer et à vivre. Cette œuvre surprenante, nous montre les dérives qui peuvent exister dans le sport et quand le plaisir de jouer disparaît pour le seul objectif de gagner. Quand l’argent et la gloire dépassent notre plaisir et notre passion. Le dessin est dynamique et nous fait ressentir nombre de sentiments et de sensibilités. Pendant notre lecture nous pensons à tous ces grands champions qui ont bercé nos enfances et ceux d’aujourd’hui. Nous nous mettons à aimer aussi ce Max Winson, un garçon au côté innocent, crédule, triste, timide qui ne connaît pas grand-chose au monde enfermé uniquement dans le sien... C’est un album enrichissant qui nous raconte une histoire de compétition, ou au-delà du sport nous y trouverons une recherche intérieure et une quête afin de donner un sens à sa vie. (Retrouver nos lectures sur notre compte Insta : bdapresbd)
On se laisse happé par l'histoire alors que je n'ai pas tendance à lire des histoires sportives. Cela traite merveilleusement de la beauté de jouer pour échanger, prendre plaisir...
une petite perle. une sorte de shonen sportif à la française qui jette un regard critique sur le tennis, sur la compétition qui prend trop d'importance sur le plaisir du jeu. Un must