Je l’ai lu, et j’ai adoré. L’histoire autour de la malédiction familiale, cette fatalité qui se transmet de génération en génération, est extrêmement bien construite. Le récit n’a aucune longueur : c’est du pur action, sans pause, sans remplissage, et ça se lit d’une traite. Le scénario a un rythme soutenu, il va droit au but, et c’est franchement addictif. C’est un comic très violent et sanglant, mais cette violence n’est pas gratuite : elle fait partie de l’essence de l’histoire. La brutalité est liée à l’héritage de la famille Rath, à leur destin et à leur manière de résoudre les conflits. Elle sert le thème central de la malédiction et renforce l’ambiance tragique et oppressante du récit. Les dessins de Ron Garney sont top : rugueux, expressifs, parfaitement adaptés à l’histoire. Ils donnent une impression de “sale” et de réaliste qui colle à l’atmosphère du Sud des États-Unis et à la spirale de violence dans laquelle la famille est enfermée. Les personnages sont durs, violents et antipathiques, mais ça fait partie du charme noir de l’œuvre : on ne cherche pas à s’identifier à eux, on assiste à une tragédie où la fatalité semble inévitable. Et c’est justement ce côté sombre, sans rédemption, qui rend le récit si intense. En résumé, Men of Wrath est un polar noir efficace, sans concession, avec une ambiance oppressante, un dessin percutant et une tension constante. C’est un comic que je recommande fortement.