Guillaume Sorel reste fidèle à lui-même dans "Mother", sorti il y a déjà plus de 25 ans, naviguant entre le fantastique et une réalité compliquée pour William, interné dans un hôpital psychiatrique. Cependant, l'écriture est complexe et les ellipses parfois dures à comprendre : Qui est fou ? Qui est le charlatan dans cette histoire ? Qui déchire réellement les toiles ? L’ambiguïté fait peut être partie du récit, mais j'aurais apprécié être un peu mieux guidé dans cette aventure et la tumultueuse relation mère-fils. Sorel excelle dans la création d’atmosphère onirique. C'est ici avec différents style de dessin, plus ou moins vaporeux, plus ou moins avec ligne clair ou couleurs directes ; puis sur d'autres planches des peintures en palette de couleur restreintes. La morphologie des personnages n'est pas idéale (mâchoires proéminentes et abusive de William) et le trait lâché crée parfois des disparités de ressemblance dans la représentation du même personnage selon la perspective. J'admets que l'exercice de ressemblance entre les cases n'est jamais facile ; heureusement Guillaume Sorel se rattrape avec le reste : ambiances, couleurs, compositions. Le livre est néanmoins une œuvre énigmatique moins réussie que d'autres récits du même auteur (Bluebells Wood, Hotel Particulier, Typhaon).