Michel Rabagliati, à travers sa série "Paul", nous offre un voyage intime et touchant dans la vie de son alter ego, Paul. Alter-égo car ce n’est pas à proprement parler une autobiographie même si très inspiré par la vie de l’auteur. Michel Rabagliati prend certaines libertés narratives pour enrichir les histoires et raconte des moments clés de sa propre vie, offrant ainsi une introspection sincère et personnelle à travers le prisme de la fiction. Chaque album est une tranche de vie, une fenêtre ouverte sur les moments marquants ou quotidiens, de ce personnage attachant. L’ensemble se déroule au Québec et ça n'a pas été pour rien dans mon plaisir de lecture, c’est particulièrement intéressant de rentrer dans l’intimité de nos cousins si proches et si loins en même temps. C’est la sincérité que j’apprécie peut être le plus dans ce type d’autobiographies, comme Les Petits Riens de Lewis Trondheim ou Les Imbuvables ou comment j'ai arrêté de boire de Julia Wertz. “Paul à la maison” se concentre sur une période difficile de la vie de Pau autour de la cinquantaine, il doit faire face à des défis personnels significatifs, notamment la solitude, le vieillissement, et la perte. Le ton est plus sombre et plus mélancolique que les précédents albums, ce qui reflète bien les luttes internes de Paul que Rabagliati arrive à rendre accessibles. Le dessin a beaucoup gagné en maturité même si j'ai toujours aimé ses lignes claires et épurées, je trouve qu'ici les expressions des personnages sont plus finement rendues. Il se dégage une sorte de mélancolie qui m’a touchée alors que je suis plus réceptif à la joie habituellement.
L'air de rien, il s'en passe des choses dans cet album profond et pudique. Une belle lecture, sensible et forte en même temps.