On attendait la suite de cette première œuvre que Glénat aura sorti en intégralité l’an dernier, après une sortie japonaise en 2022. Ce qui surprend dans ce projet c’est qu’il a tout du Webtoon: la rapidité de parution, la fraicheur du dessin, l’approche occidentale,… De bout en bout Sora Daichi se cale dans la mécanique scénaristique hollywoodienne et le fait plutôt bien, avec ses morts violentes fréquentes, ses personnages mystérieux sortis du chapeau et détenant les clés de l’intrigue, ses plans machiavéliques déjoués au dernier moment par la mise en place d’une équipe bien huilée… Alors que le premier tome laissait le doute sur un possible aspect fantastique, la suite, si elle n’efface pas les actions improbables de méchants aux capacités inexpliquées, se recentre sur l’intrigue proprement dite, dans une réalité socialement difficile où les parents alcooliques violentent leurs enfants et où les militaires sont victimes de TSPT. Le héros qui était présenté comme un petit génie sur le premier volume, apparaît ensuite plutôt comme un apprenti qui apporte la pureté des sentiments au sein d’une équipe de briscards que la réalité du terrain pourrait éloigner du sens de leur métier. Comme tout bon polar (l’auteur connait ses gammes) les relations humaine occupent le cœur de l’action entre failles visibles et failles cachées. Le héros a donc le rôle de l’empathie pendant que ses collègues s’occupent de la technique policière et des explications sur les « ghosts ». Et c’est sur ce point que la déception pointe puisque (sans doute du fait de la brièveté du format), le suspens autour de ces caméléons capables de prendre l’apparence de n’importe qui reste à l’état d’ébauche, sans finalement aucune explication ou avancée dans le rôle que cette brigade spéciale jouerait en coulisses. Le manga a ainsi du mal à dépasser le stade de l’exposition, nous laissant avec cet univers bien alléchant et plein de potentiel qui se termine sans réelle utilisation ni de facultés spéciales de la STUNTS, ni d’une conspiration cachée. Comme si l’auteur, un peu trop appliqué à réciter les codes du polar avait oublié de développer son propre projet original. On termine ainsi la trilogie avec un réel plaisir de lecture, autant graphique que textuel, mais un peu frustré d’être passé à côté de la promesse de départ. Pour une première œuvre cela reste de très bon niveau. A réserver aux fans d’intrigues policières cinématographiques.