Un récit bien maîtrisé et rendant bien les ambivallences et contradictions des différents points de vues et volontés dans la mise en œuvre d'un musée/mémorial. Une ronde entre politique, scientifique, artiste, donateurs et publique futur se confrontant au grès des humeurs de la société.
Un peu déçu, bien que j'adore le travail de Juncker, par ce tome qui finalement ne m'apprend rien sur cette guerre. On reste focalisé sur les tergiversations de Maquerol et les seuls récits algériens se font par des interviews face caméra.
🧔chronique complète : https://www.mtebc.fr/trous-de-memoires-juncker/ 📚À la mort du photographe, Gérard Poaillat, le ministre de la culture confie au maire de Maquerol, l'élaboration d'un mémorial consacré aux victimes de la guerre d'Algérie. Ainsi, il convie une historienne et un artiste pour monter ce projet ambitieux. Mais, rapidement, les visions et les ambitions de chacun.es s'opposent. En prime, le maire a une idée brillante : convier la mémoire collective à l'hommage au photographe. Pour cela, l'historienne, Stéphanie Delbeille-Violette se retrouve, contre son grès, à interviewer les habitants de Maquerol pour en tirer des souvenirs incomplets et, parfois, douloureux. Avec un sujet aussi épineux que la guerre d'Algérie, est-ce que la mémoire peut être collective ? 🖊Trous de mémoires de Nicolas Juncker est une oeuvre aussi intelligente que drôle. Par le biais de multiples points de vues, l'auteur démontre pourquoi la guerre d'Algérie reste, encore de nos jours, un sujet épineux. À travers ce projet ambitieux d'un mémorial consacré aux victimes de la guerre, le pointé vue de l'historienne, de l'artiste, du politicien et de la famille de confrontent sans jamais réellement s'accorder. Quand aux individualités, ils se livrent autant sur ce projet que sur une Histoire hantée par un sentiment d'abandon pour les uns et de souffrance pour les autres. L'union, parasité par le racisme et la rancoeur, semblent impossible tant les frictions restent nombreuses et que l'Etat français cherche tout juste à les prendre en compte. L'album de Nicolas Juncker se veut positif sans pour autant être naïf et nous rappelle que, malgré tout, le monde continue à tourner, avec toujours et encore les mêmes bassesses.