Ça faisait longtemps que je voulais découvrir ce Printemps à Tchernobyl d'Emmanuel Lepage. J'aime son approche de grand reporter et sa manière de s'imprégner des sujets qu'il traite. Dans ce cas-ci, tout le monde a en tête la catastrophe humaine, sanitaire, écologique, économique ou encore diplomatique qu'a été Tchernobyl. Tout le monde a en tête ces images de nettoyeurs, occupés à prendre, presque à mains nues, du sable pour le déverser dans le coeur du réacteur éventré. Mais qu'en est-il des survivants, de celles et ceux qui, 20 ans après (Lepage y a été en 2008), vivent à la limite de la zone interdite? Dans cet ouvrage thérapeutique, Emmanuel Lepage vit à ce moment là une période de doute, il dépeint bien évidemment l'angoisse de cette mort invisible que l'on risque en s'exposant aux radiations qui le sont tout autant. Entre le bruit du compteur geiger, et la beauté des paysages dévastés, mais où la nature a repris ses droits, Lepage nous offre un véritable album social où la vie et la générosité des Ukrainiens qui vivent à la frontière de la zone interdite est dépeinte d'une manière magnifique. La mort est présente dans tous les esprits dès que l'on évoque Tchernobyl, mais une autre réalité existe, celle de la vie de tous les jours de ces oubliés qui survivent à la lisière de Tchernobyl. Un album sublime emprunt d'humilité, de doute et de réalité
Voici une bande dessinée qui m’a beaucoup plu par son approche visuelle et narrative. Le travail graphique de Lepage est remarquable, avec des illustrations qui rendent les paysages de Tchernobyl à la fois fascinants et inquiétants. Les couleurs et les détails des dessins plongent immédiatement dans l’ambiance de cette zone sinistrée. Toutefois, j’ai trouvé le début un peu long. Les réflexions de l’auteur sur ses motivations et ses appréhensions avant de partir pour Tchernobyl prennent beaucoup de place. Cette introspection, bien que compréhensible, ralentit un peu le rythme du récit qui met du temps à s'installer. Une fois sur place, l’histoire prend une tournure plus captivante. Les rencontres avec les habitants de la zone d’exclusion sont particulièrement touchantes. Ces moments apportent une dimension humaine à la catastrophe, en montrant l’impact durable sur la vie des gens. Les témoignages des personnes rencontrées permettent de voir au-delà des ruines et des chiffres. Lepage réussit à juxtaposer les paysages dévastés avec la résilience et l’espoir des habitants. Les scènes où la nature reprend ses droits sur les bâtiments abandonnés sont à la fois poétiques et troublantes, symbolisant la persistance de la vie malgré tout. Et c'est là que j'apprécie la démarche narrative car il est parti avec des idées mais s'est laissé surprendre. Et au lieu d'un endroit de mort, c'est bien un endroit de vie qu'il y trouve, en témoignent les couleurs qui apparaissent au fil des pages avec le printemps. La conclusion de l’ouvrage est à la hauteur du récit, apportant une réflexion sur la mémoire et la résilience. “Un printemps à Tchernobyl” est une lecture intéressante qui, malgré un début un peu hésitant, se révèle riche en émotions et en enseignements. Malgré quelques longueurs initiales, l’œuvre de Lepage mérite d’être découverte pour sa profondeur et la beauté de ses illustrations.
Carnet de voyage d'Emmanuel LEPAGE, invité en maison d'auteur à Tchernobyl. Un album d'une grande beauté et comtetmplatif ou l'auteur nous transmet ses émotions face aux drames humains conséquent à cet accident nucléaire majeur et son admiration de la résilience de la nature sur place.
Très bonne surprise! Je connaissais déjà deux autres titres de l’auteur, dont le très bon « voyage aux iles de la désolation », et j’attaquais donc confiant ce nouveau tome. J’ai eu un peu peur dans les premières pages que ça tourne au plaidoyer militant anti nucléaire… que nenni! En fin de compte, c’est un très beau récit, un contraste étonnant entre une catastrophe à tout point de vue et le constat que la vie sauvage a repris ses droits là bas. Une belle lecture, ni pour ni contre, juste pour découvrir comment c’est vraiment, là bas, loin des clichés qu’on peut s’en faire.
Une BD reportage honnête sur la situation actuelle à Tchernobyl. Un dessin assez différent en fonction des situations. Une BD qui ne laisse pas indifférent.