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par Thomas Mourier - le 5/02/2026
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par Thomas Mourier - le 5/02/2026

« On sera un peu la revue des imaginaires en lutte ». Interview de Floriane & Quentin pour Courts Bouillon

Lancée en septembre 2025 sur Instagram, Courts Bouillon est une newsletter qui questionne les coulisses de l’industrie du livre, et en particulier de la bande dessinée. Le duo vient de lancer une première publication, une frise pour comprendre la crise du FIBD et ambitionnent de lancer un média, on vous propose un entretien pour en savoir plus.

Courts Bouillon propose un mercredi sur deux, un angle autour de l’actualité avec en complément des recommandations de livres, des entretiens avec des auteurices et des BD inédites. 

Quentin & Floriane se sont rencontrés quand ils travaillaient dans le groupe Humano-Boîte à Bulles et ont fait partie du plan de licenciements, suite à la liquidation judiciaire des Humanoïdes Associés en France. Floriane y était graphiste et Quentin, éditeur. De cette issue professionnelle compliquée, ils en ont fait une expérience créative, en lançant ce média pour visibiliser les coulisses et les problématiques de l’industrie du livre.

Floriane & Quentin / Photo ©Courts Bouillon

À Ground Control, pour les Fêtes interconnectées de la BD, Courts Bouillon avait un stand avec une publication, une frise illustrée sur l’histoire d’Angoulême assortie de créations originales dans un format dépliant. 

D’où vient cette frise illustrée ? Et comment vous l’avez conçue ? 

Floriane & Quentin : L’idée c’était d’accompagner le mouvement de révolte des auteurs et des autrices avec un objet qui mêlait des créations et du contenu d’information. 

Ça se présente comme un petit magazine dépliant avec, au début, une première création qui est une BD inédite de tienstiens sur le girlcott. Derrière, on a fait une grande frise illustrée de la dégringolade d’Angoulême pour expliquer un peu tout l’historique. Parce que ça s’étale sur des années et des années depuis le début. 

Et derrière, une autre création d’Émilie Gleason qui célèbre un petit peu à sa manière la révolte d’Angoulême. Ça nous semblait aussi important d’avoir une autrice qui fait partie de la collective Girlxcott

Pour la frise, on s’est basé en grande partie sur le bouquin Angoulême BD, une contre-histoire de Philippe Capart & Nicolas Finet [L’ouvrage est dispo en accès libre ici]. 

Vous avez croisé d’autres sources ? 

Quentin & Floriane : Oui, on a croisé avec d’autres sources, mais c’est la principale. On a d’ailleurs corroboré nos sources avec eux, ils l’ont relu pour nous aider sur quelques erreurs factuelles. 

Photo ©Courts Bouillon

On est allé regarder par exemple toute l’histoire du festival de Grenoble qui a essayé de récupérer le FIBD, on est tombé sur pleins d’articles de l’époque… L’idée c’est de faire comprendre au public tout ça, sur le long terme. 

Et les graphismes qui illustrent la frise, vos réseaux sociaux, ça c’est vous ? 

Floriane & Quentin : Oui, on imagine ensemble les petits gags et c’est Floriane qui dessine. Idem pour la mise en page, tout ce qui n’est pas fait par des auteurices est fait par nous. 

C’est votre première publication ? On a discuté avant l’interview de votre volonté de devenir un média, c’est un premier test ? 

Quentin & Floriane : Oui, c’est le premier objet imprimé qu’on fait.

Le but c’est de passer versde l’objet papier, on va garder quand même une partie peut-être newsletter —en tout cas numérique et gratuite— mais on est en train de réfléchir à la transformation. 

Mais on est en plein travail pour essayer de créer une revue papier qui mêle des histoires courtes et du contenu journalistique pour faire dialoguer les imaginaires et le réel. On sera un peu « la revue des imaginaires en lutte », avec des créations autour d’un thème en particulier à chaque fois, des histoires et du contenu journalistique. 

On prépare ça, mais pour rendre le projet pérenne on va avoir besoin de se structurer un tout petit peu, pour pouvoir en vivre et continuer. Mais on pense que sur le format revue il y a moyen d’impliquer les gens, d’avoir plein d’auteurs et d’autrices qui amènent chacun leur point de vue et d’être portés par le côté régulier. 

©Courts Bouillon

Vous prévoyez ça cette année ? 

Floriane & Quentin : On espère lancer un crowdfunding sous forme de préventes à partir d’avril. On n’est pas encore décidés sur la plateforme. Puis soit ça marche et tant mieux on continue, soit ça ne marche pas et on va devoir un peu revoir le projet à échelle plus réduite.

On est en train de contacter les diffuseurs, mais aussi de contacter les premiers auteurs et autrices. On ne peut pas avancer tous les frais donc là, on est surtout sur des « oui », des « non », et on met en branle le truc pas à pas.

Vous parlez de diffusion, ce sera en librairie ou kiosque, après les préventes ?

Quentin & Floriane : En plus des abonnés en direct, on voudrait plutôt une revue de librairie. Parce que dans la diffusion en kiosque, il y a un côté où tu imprimes énormément, tu renvoies énormément et pour l’écologie c’est compliqué. Mais aussi la majorité des ventes sont en point Relay qui appartiennent à Bolloré.

Modération de la conférence Edition indépendante et concentration éditoriale par l’équipe de Court Bouillon

Comment on peut se procurer votre frise après le festival ? 

Floriane & Quentin : On peut l’acheter en ligne directement, et on en a mis à disposition dans quelques librairies parisiennes —s’il reste encore des stocks— : La Régulière (Paris, 18e),  Le Monte-en-l’air (Paris, 20e), Libertalia – Les Métallos (Paris, 11e), La Friche BD (Paris, 11e) et au Future OFF à Angoulême.

Je vous conseille de vous abonner à la newsletter de Court Bouillon et de jeter un œil sur cette publication. On ne manquera pas de vous donner des nouvelles de la revue prochainement. 


Tous les visuels sont © Courts Bouillon

©Courts Bouillon

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