
Pour avoir passé le vendredi & samedi à Angoulême et le dimanche à Ground Control à Paris, je peux témoigner de l’engouement du public pour ces propositions, les visiteur.ses étaient massivement présent.e.s. et ont profité de ces manifestations organisées en hâte mais avec inspiration à l’initiative de la Ville d’Angoulême, des commerçants et de bénévoles voulant pallier l’absence du FIBD.
Une réponse festive à l’impossibilité de maintenir une édition du festival, en pleine bataille juridique, tandis que 9eArt+ et l’Association FIBD ont entamé des démarches juridiques [lire notre compte rendu de la conférence de presse de jeudi].
À Angoulême, 500 auteurices étaient invité.e.s avec des expositions, des rencontres réparties sur 76 lieux, à Paris plusieurs lieux comme La Maison des métallos ou Ground Control ont accueilli des conférences et tables rondes organisées par la collective Girlxcott, et Ground Control accueillait également un village des éditeurices.
En plus de ces deux gros pôles, il se passait des choses à Avignon, Barcelone, Bordeaux, Bruxelles, Lyon, Marseille, Mons, Montpellier, Nantes, Nice, Seine Saint Denis, Strasbourg, Tournon-sur-Rhône & Toulouse. Des initiatives collectives pleines de promesses qui se sont accompagnées d’une prise de conscience du public sur les conditions de ces salons et festival pour les auteurices grâce aux conférences mais aussi à la charte d’éthique du collectif GirlxCott signée par toustes.
À Angoulême : Le Grand Off
Un grand week-end populaire et festif pour la ville d’Angoulême où les différents acteurices aux commandes de ce Grand Off ont réussi à créer une ambiance joyeuse et une édition avec des propositions variées qui a évité l’écueil des seules dédicaces format géant. Il y avait de vraies propositions artistiques et événementielles pour rythmer ces trois jours de célébration de la bande dessinée.

La gratuité a joué un rôle certain, la proximité aussi, les habitué.e.s du FIBD ont pu découvrir l’événement sous un autre angle, même si l’offre était forcément réduite par rapport à d’habitude. 76 lieux ouverts au public, une dizaine d’expositions (petites et grandes) et 500 auteurices invité.e.s attendaient les visiteurices.
Dans un article de Fabien Nouvène pour La Charente Libre, on peut lire que les services de la mairie donnent une estimation des visiteurices : “entre 80 et 90.000 passages dans les bâtiments publics, équipés de compteurs. À l’heure d’établir son plan de sécurité, la Ville avait tablé sur une fourchette moyenne de 65.000 visites sur quatre jours. Ces dernières années, les organisateurs évoquaient jusqu’à 200.000 tickets vendus. Chiffre invérifiable, la billetterie étant tenue secrète.” (source)
À noter également que certaines expositions sont toujours visibles. La Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image a joué un rôle important dans ce Grand Off en hébergeant le village des éditeurices et en proposant la plupart des expositions à partir de ses collections et experts maison.
La plus grosse « Comédie animale. Le bestiaire animé de Benjamin Rabier », est accessible jusqu’au 30 août 2026, au Vaisseau Moebius.
Côté Cité de la BD, on peut visiter les expos « En slip et contre tout » autour des séries Les Vieux Fourneaux et du Loup en slip ; mais aussi « Signé Bretécher » jusqu’au 8 mars 2026.
Et deux expos d’éditeurs, toujours dans l’enceinte de la Cité, « L’Aventure éditoriale – Delcourt, 40 ans au rythme du 9e art » à voir jusqu’au 15 novembre 2026 et l’expo autour du livre Moi, Franky, drogué, prostitué, directeur du festival de la bédé jusqu’au 1er mars 2026.
Au musée du papier, juste à côté, on peut visiter « A fleur de papier », une expo collective où le papier est au cœur des œuvres, dessins, sculptures, installations… à voir jusqu’au 21 avril 2026. Ainsi que « The residents » à la Maison des auteurs pour découvrir les travaux des artistes hébergé par la Maison des auteurs, jusqu’au 8 mars 2026.
À Paris : la Maison des Métallos & Ground Control

Le samedi 31 janvier, la collective GirlxCott a organisé 3 conférences & tables rondes sur la journée avec un beau programme sur les thématiques des luttes, des violences sexistes et sexuelles et des prospectives autour des festivals, du statut d’auteurice…. On espère que des captations ou podcasts sont prévus.
Les samedi 31 janvier & dimanche 1er février, à Ground Control on pouvait retrouver un village de maison d’éditions et de stands de créateurices, des mini-expos et également des conférences & tables rondes organisées par la collective GirlxCott mais aussi des concerts & DJset. Tout le programme est listé ici pour vous faire une idée.
Pas de Fauves mais des prix
Avec la mise à l’arrêt du FIBD, l’organisation a renoncer à sa Sélection Officielle et ses prix mais différentes remises de prix ont eu lieu à Angoulême.
Parmi les prix historiques, le Prix Tournesol a récompensé Le Génie de la forêt de Nicoby, Vincent Zabus & Francis Hallé pour sa 30e édition. Le Prix de la BD chrétienne lui a été remis à Arnaud Le Gouëfflec & Olivier Balez pour leur album Vous n’aurez pas les enfants.
Le Prix Couilles au cul (du courage artistique) lancé il y a 10 ans, a récompensé cette année Jérôme Sié et tous les auteurices du recueil 100 dessins pour Gaza dont les bénéfices sont reversés au Syndicat des journalistes palestiniens.
Le Prix Schlingo et son trophée désigné par Florence Cestac revient à Guillaume Bouzard pour son album Les Vacances chez Pépé-Mémé.
Le prix de la Confédération des petites et moyennes entreprises de la Charente (CPME) a récompensé Edith Chambon pour son travail sur IVG, à nos corps libres.
Et un nouveau prix, le Prix LDH de la bande dessinée, porté par Ligue des droits de l’Homme a été remis à Adeline Casier pour son album Em Silêncio.
Je vous propose quelques photos pour finir mais n’hésitez pas à nous raconter vos expériences sur ce week-end dans notre nouvelle section commentaire.
















