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Critiques
par Rémi I. - le 11/01/2022
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par Rémi I. - le 11/01/2022

L’âge d’eau : « E que s’apelerio dystopie »

La montée des eaux dont on nous parle depuis des années a eu lieu. Les terres immergées sont nombreuses et forment maintenant le souvenir d’une humanité perdue.

Seules quelques personnes vivent en dehors des grandes cités dans lesquelles la population est sous contrôle. Parmi celles-ci, on accompagne une mère et deux frères bien singuliers, attachés à la fragile liberté que l’on souhaite leur enlever sous prétexte d’hygiénisme.

10 ans après Kililana Song, le grand œuvre de Benjamin Flao, l’auteur revient avec un nouveau récit qu’il semble avoir écrit avec ses tripes. L’auteur décrit un monde dystopique peuplé d’individus bruts et de situations délicates. Violences et rebellions sourdes font le quotidien de leur nouvelle vie. Pourtant, le calme y règne en apparence, et c’est précisément cette tranquillité qui renforce le contraste avec la situation dans laquelle ils se trouvent.

L’auteur expose et laisse ses personnages prendre le contrôle plutôt que d’imposer une vision. Celle-ci prend alors d’autant plus d’ampleur qu’elle est accompagnée de passages oniriques envoûtants.

Connu pour ses planches divinement mises en couleur à l’aquarelle, l’auteur s’essaie au numérique sans en pâtir. Là où de nombreux dessinateurs se laissent écraser sous la ligne et les couleurs normalisantes de la machine, Benjamin Flao garde une vivacité, une force et une énergie folle qui sublime ce monde recouvert par les eaux.

L’âge d’eau de Benjamin Flao, Futuropolis
Sortie janvier 2022


Illustration principale : © Benjamin Flao / Futuropolis

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