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par Republ33k - le 31/03/2016
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par Republ33k - le 31/03/2016

La Parole du Muet - Tome 1, la critique

Décidément tourné vers les faits historiques, l'éditeur Grand Angle, après une intriguante série sur la bataille de Verdun, - qui fête son centième anniversaire cette année - s'attaque à l'invention du cinéma moderne avec La Parole du Muet, un album plutôt bien pensé.

A mi-chemin entre le livre d'histoire et la bande-dessinée, la première partie de ce diptyque, intitulé Le Géant et l'Effeuilleuse, parvient en effet à capter l'attention de son lecteur tout en le plongeant dans la réalité du début du siècle dernier, sous l'angle du cinéma, en tous cas.

Ancien photographe et vétéran chez l'éditeur Grand Angle, Laurent Galandon écrit ici l'histoire de Célestin, un jeune homme de bonne famille qui hélas, ne se sent pas à sa place chez lui. Depuis sa première rencontre avec le septième art - dans un cinéma forrain comme il en existait beaucoup à l'époque - il rêve de rejoindre Paris et son industrie cinématographique.

Et c'est ce qu'il fait, avec cette intrigue qui a tout le charme d'une histoire classique, dans laquelle notre héros part réaliser ses rêves. Et étant donné le sujet de cet album, ils sont faits de scénarios, d'acteurs et de caméras. Hélas, quelques bâtons vont être mis dans les roues du protagoniste, qui commence forcément au bas de l'échelle, avant de trouver sa voie.

Sur ce point, le scénario s'avère ainsi agréable à suivre. Très souple, il permet à l'auteur d'entamer une sorte de métaphore sur l'industrie cinématographique d'aujourd'hui, et sur la machine à rêves qu'elle a toujours représenté.

Côté dessins, l'aventure s'avère aussi plaisante, puisqu'on découvre un Frédéric Blier (diplômé de l'école d'Emile Cohl) très inspiré dans ses planches. Si le découpage reste très classique, les détails apportés au Paris des années 20 et à la caractérisation des personnages élèvent la bande-dessinée au-delà de la simple traduction de l'industrie cinématographique de l'époque sous forme de cases et de phylactères.

Si le trait du dessinateur n'est pas toujours très assuré, l'album ne manque pas de charme et on aurait tort de le considérer comme un pur exercice académique. En revanche, ce premier tome est rapidement dénaturé par sa construction en diptyque, et une fois arrivé au bout de ses 48 pages, le lecteur risque bien de rester sur sa faim.

Et pour cause, le seul véritable enjeu de la BD commence à peine à être résolu dans sa dernière page, donnant ainsi naissance à un cliffhanger particulièrement dur à avaler pour le lecteur qui aura suivi Célestin dans son aventure. Il n'en faut pas plus pour porter un regard rétrospectif assez sévère sur l'histoire et les dessins, qui se révèlent alors trop légers ou trop peu engageants. Un constat qui sera sans aucun doute nuancé par le second et dernier album, mais qui transformercette Parole du Muet en expérience trop innocente.

Assez bien conçu, plutôt bien dessiné et agrémenté de huit pages de bonus rédigés en partenariat avec l'Institut Lumière, La Parole du Muet est à mi-chemin entre le cours d'histoire et la bande-dessinée classique, dans tout ce que cela implique de bon comme de mauvais. Plus instructif que divertissant, pour le moment, ce titre de Grand Angle est à réserver aux fans de l'histoire du septième art.

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