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par Republ33k - le 14/10/2016
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par Republ33k - le 14/10/2016

Méta-Baron - Tome 3, la critique

Après un premier dyptique, le Méta-Baron revenait tout récemment chez Les Humanoïdes Associés, pour un nouveau cycle et un troisième tome qui répond au nom d'Orne-8 Le Techno-Cardinal, sans doute le meilleur opus de la série depuis son retour dans les librairies.

Il faut dire que le premier cycle développé dans les deux albums précédents devait non seulement ramener l'univers d'Alexandro Jodorowsky sur le devant de la scène, à grands coups d'exposition, mais aussi le moderniser pour un nouveau public et vers de nouveaux enjeux, que le scénariste Jerry Frissen installait lentement mais sûrement. Or, pour la première fois, on sent vraiment que son histoire se déploie, et la lecture en devient d'autant plus agréable.

Boostée par des enjeux qui sont parfois un peu faciles ou facilement racontés - on pense notamment à une menace de fin des temps qui se dessine un peu vite dans les pages de ce nouvel album - la destiné du Méta-Baron prend ici un  vrai sens, et par conséquent, les différents rebondissements de cet album s'avèrent beaucoup plus divertissants et/ou émouvants. Le scénariste n'y va d'ailleurs pas par quatre chemins et fait rapidement monter la pression en rendant tous les personnages de ce space-opera unique très vulnérables.

On ne vous dira pas comment ni pourquoi, mais on imagine que vous avez votre petite idée, notamment si vous vous souvenez qu'un certain carburant qui permet de défier la gravité est au cœur de la saga des Méta-Barons. On monte donc radicalement en puissance, quitte à ce que les enjeux prennent la forme d'une réécriture progressive des tomes originels. Comme à Hollywood, le prolongement de la franchise ne se fera en effet pas sans heurts, et on comprend vite que pour durer, le Méta-Baron doit accepter de jongler avec sa continuité ou des règles quasi mythologiques à l'échelle de la saga de Jodo.

Ce qui n'empêche pas le récit de fonctionner, d'ailleurs, mais il est vrai qu'au regard du nombre de pages, les enjeux peuvent paraître un petit peu forcés ou trop rapidement développés, alors qu'ils auront un impact pour le moins gigantesque sur l'histoire des Méta-Barons. De l'autre côté de la barrière, cependant, on remarque que ce contournement de la diégèse de la saga permet aussi de rendre les personnages, à commencer par notre cher chauve, plus intéressants. Cette fois défié par un Orne-8 qui cache une jolie réflexion sur le genre et le sexisme, le Méta-Baron se montre en effet au moins aussi attachant que ses nombreux antagonistes, alors qu'il était jusqu'ici fait de marbre.

Et le dessinateur Niko Henrichon n'est sans doute pas pour rien dans ce constat. Peut-être encore plus propice à une modernisation du Méta-Baron, son trait est un vrai plaisir pour les yeux et regorge des détails qui font l'intérêt d'un space-opera comme celui du Méta-Baron. L'esthétique de l'album reste d'ailleurs cohérente avec celle qu'avait installé Valentin Sécher, qui pourtant, nous offrait des planches évoquant plus la peinture et le franco-belge là où celles de Henrichon ont tout le charme d'un bon comic book de SF. Frissen le sait et se permet donc des planches assez incroyables, dans lesquelles l'alchimie entre les deux auteurs est perceptible.

Si ce nouveau dyptique de la saga du Méta-Baron nous prouve que la modernisation de l'univers imaginé par Jodorowsky et juan Gimenez ne se fera pas sans quelques sacrifices, il nous offre des personnages assez attachants, des planches assez jolies et des enjeux suffisament déployés et intéressants pour nous captiver. Peut-être la première franche réussite de ce retour du Méta-Baron, à découvrir le 19 octobre prochain dans les librairies !
 

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