

1943 ; Alors que les forces japonaises occupent toute la Birmanie et menacent désormais l’Inde, les pilotes des forces américaines assurent un audacieux et dangereux pont aérien continu entre l’Inde et La Chine, en passant au-dessus de l’Himalaya, afin de fournir armes, matériels, munitions et médicaments jusqu’à Kunming, permettant ainsi aux troupes chinoises de continuer à s’opposer aux japonais et, avec l’aide des anglais et des amércains, parvenir à libérer la Birmanie...
Avec Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, Jacques Tardi concrétise un projet mûri de très longue date : transposer en bande dessinée les carnets de son propre père, rédigés des années durant sur des cahiers d’écolier, où celui-ci tient par le menu la chronique de sa jeunesse, en grande partie centrée sur ses années de guerre et de captivité en Allemagne. Après avoir, comme on le sait, énormément travaillé sur la guerre de 14 – 18, c’est la première fois que Tardi se penche d’aussi près sur la période de la Seconde Guerre mondiale. Ce faisant, il développe également un projet profondément personnel : en mettant en images l’histoire de son père militaire, Tardi explore rien moins que les racines, les origines et les ressorts de sa propre vie. Ce « roman familial » prend des accents d’autant plus intimes que Tardi a associé au projet deux de ses propres enfants, Rachel (qui assure la mise en couleur) et Oscar (documentation et recherches iconographiques). Cet ouvrage s’annonce d’emblée comme l’un des événements bande dessinée de la fin d’année. Jamais sans doute Tardi ne s’était autant livré dans l’un de ses albums
1946 : les armes volantes spéciales des Nazis déciment les avions alliés. Mais le pire reste encore à venir. En cet été 1946, les Japonais ont été battus mais la Seconde Guerre mondiale continue en Europe après l'échec surprise du débarquement allié, le 6 juin 1944. D'étranges avions à réaction totalement révolutionnaires, surnommés Wunderwaffen (« Armes miracles »), défendent désormais effi cacement l'Allemagne. Le major Walter Murnau, tête brûlée, homme d'honneur et talentueux pilote de Wunderwaffen, se retrouve décoré par Adolf Hitler, atrocement mutilé lors d'un attentat, qui lui inspire crainte et dégoût. Le voilà publiquement surnommé « Le pilote du Diable ». Il devient alors l'icône d'un régime qu'il déteste. Sans se douter que même pour le « Pilote du Diable », l'enfer n'est jamais loin...