Après Un Argentin à Paris, publié aux Cahiers dessinés en 2010, Micaël revient avec un nouvel album de dessins d'humour. Son trait s'est affirmé ; il se soucie davantage des détails, fouille dans le décor, restitue au plus près les attitudes de ses personnages, il ne craint plus la foule. Son humour descend dans la rue, il s'introduit dans les lieux publics, dans les musées, dans les bars, sur la plage, puis il plonge dans les appartements, dans les salons et les chambres à coucher. Il s'arrête un instant sur une émission de télévision, suit un président de la République. Tout un monde se construit, se dispute, se ridiculise, s'attendrit, et ce monde, bien sûr, c'est le nôtre. Micaël nous invite à le voir de plus près, beaucoup plus près, à s'en moquer tendrement, à en rire avec humanité. Et c'est par ce rire subtil, ce rire très intérieur, que ce qui nous paraissait opaque et confus devient tout à coup d'une grande évidence. C'est bien là la singularité et le pouvoir du dessin d'humour, cet art désespéré, lucide et indulgent.
Ils sont deux frères, Guillaume l'aîné et Thibault le cadet. Guillaume est le rageur, Thibault le candide. En 2001, Thibault est diagnostiqué schizophrène. À cela, son grand frère, son protecteur de toujours, ne peut rien. Voilà le point de départ de cette histoire hors du commun, une histoire de famille qui aurait pu tourner à la tragédie mais qui se transforme en voyage de découverte de l'un et de l'autre. Une sorte de virée initiatique qui invite les deux garçons à forger d'autres liens, hors des conventions, au travers d'une fraternité forte et de l'acception de l'autre et de ses différences.Cette bascule, Guillaume devait la raconter, avec la complicité de Thibault. Et aussi la culpabilité, les traitements, la honte, les visions, l'amour, les voyages, les rires, la musique et l'espoir. Alors Thibault a accepté de livrer ses folles histoires. Et ses voix qui l'habitent se sont unies à celle de son frère.Contre une maladie qui renferme tous les maux, les clichés, les fardeaux, ils ont livré bataille.À partir d'une tragédie universelle, ils ont composé un livre où douleur et mélancolie côtoient la plus vibrante tendresse.Et finalement, celui qui doit protéger l'autre n'est pas forcément celui auquel on pense.Une lettre d'amour bouleversante du rappeur Gringe à son frère cadet atteint de schizophrénie, mise en images par Gaët's et Julien Monier, le tandem d'auteurs de la série à succèsRIP.