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Critiques
par Elias Toussaint - le 19/09/2021
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par Elias Toussaint - le 19/09/2021

L’île du docteur Moreau de H.G. Wells : Rendez-vous en terre incongrue

Une couverture inquiétante pour un album angoissant qui ne déçoit pas. Dans une bande dessinée lugubre, Stéphane Tamaillon, spécialiste de l’obscur et du mystérieux, Joël Legars et Anna Conzatti parviennent à adapter avec brio le célèbre roman horrifique de H.G. Wells.

L’île du docteur Moreau de H.G. Wells, par Joël Legars, Stéphane Tamaillon et Anna Conzatti, Delcourt, Coll. Ex-libris

Comme dans le roman original, l’intrigue démarre avec le naufrage d’Edward Prendrick, voguant seul sur l’océan au moyen d’une embarcation de misère. C’est alors qu’un grand navire va le recueillir. Si c’est le soulagement qui s’empare directement de Prendrick, certains doutes vont naître en lui concernant ce que l’équipage lui réserve : une mystérieuse cargaison hurle nuit et jour, et de sombres rêves viennent le hanter dans son sommeil. 

Que ce soit par bonne ou mauvaise fortune, l’affable docteur Montgomery le sauve à nouveau en faisant son possible pour l’accueillir sur son île de résidence.

A partir de cet instant, les auteurs nous lancent des indices, tantôt provenants d’hommes aux dents crochues, tantôt de bruits étranges et inquiétants.

Quelque chose cloche : nous savons que le mal est là.

Mais ce n’est pas pour autant que Prendrick obtient facilement des preuves tangibles de l’existence des forces pernicieuses qui sont à l’œuvre sur cette île. Les réponses aux questions de ce dernier restent évasives et ne font qu’accroître la menace qui plane sur lui et qui obscurcissent son avenir.

A travers ses pages, L’île du Docteur Moreau de H.G. Wells assume un style marqué qui laisse transparaître le vice et l’incertitude chez chaque personnage. A cela s’ajoute un choix de couleurs osé, donnant une sensation de mouvement et de danger.

Quant au découpage des cases, il passe d’un rythme saccadé à des vignettes écrasantes qui troublent notre perception. Les décors étouffants et les visages déformés viennent eux apporter une touche expressionniste, qui se renferme à merveille sur le personnage principal, lui barrant la route à chaque tentative de fuite.  Ce récit nous rappelle parfois celui de Dracula de Bram Stoker ou de Château de sable (chronique à retrouver ici) de Frederik Peeters et P.O. Lévy, dans lequel un individu est prisonnier d’un lieu contre son gré. Et bien que ce dernier se doute que quelque chose ne tourne pas rond, tout est fait pour le contenir et pour préserver les apparences.

Gare à la frustration car le volume 1 s’achève de façon impromptue, et nos attentes s’enflamment pour le volume 2, dont la date de sortie n’a pas encore été dévoilée.

L’île du docteur Moreau de H.G. Wells, par Joël Legars, Stéphane Tamaillon et Anna Conzatti, Delcourt, Coll. Ex-libris


Illustration principale : © Joël Legars / Dupuis

L’île du docteur Moreau de H.G. Wells, par Joël Legars, Stéphane Tamaillon et Anna Conzatti, Delcourt, Coll. Ex-libris
© Joël Legars / Anna Conzatti / Dupuis
L’île du docteur Moreau de H.G. Wells, par Joël Legars, Stéphane Tamaillon et Anna Conzatti, Delcourt, Coll. Ex-libris
© Joël Legars / Anna Conzatti / Dupuis
L’île du docteur Moreau de H.G. Wells, par Joël Legars, Stéphane Tamaillon et Anna Conzatti, Delcourt, Coll. Ex-libris
© Joël Legars / Anna Conzatti / Dupuis
L’île du docteur Moreau de H.G. Wells, par Joël Legars, Stéphane Tamaillon et Anna Conzatti, Delcourt, Coll. Ex-libris
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