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par Elsa - le 12/11/2014
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par Elsa - le 12/11/2014

La Mondaine tome 2, la critique

29 août 2014, le second volume de La Mondaine sortait. Il m'aura donc fallu plus de deux mois pour réussir à l'ouvrir, sachant déjà qu'il ne me laisserait pas indemne. La Mondaine commençait dans l'entre-deux guerre, et nous immerge dans le quotidien de la brigade des moeurs de l'époque. Mais plus encore, cette bande desinée parle de l'animalité, sous toutes ses formes.

Plaies béantes.

La France en guerre que l'on avait déjà vue par petites touches dans le premier volume est désormais le présent. On retrouve tous les personnages, et surtout Aimé pour qui le quotidien à la mondaine est maintenant une triste routine. Est-ce la dureté de la vie en période de guerre, la mort dans l'air, ou simplement les plaies qui ne cicatrisent pas ? En tout cas chacun essaie d'avancer avec le lourd fardeau de ses souffrances, et ça ne se fait pas sans drame.

La violence des sentiments.

S'il y avait de la lumière, de la candeur, des sourires dans le premier opus, ici préparez-vous à affronter de la chair à vif frottée au papier de verre. Zidrou et Jordi Lafèbre parviennent à retranscrire avec une subtilité sur le fil la nature humaine dans ce qu'elle a de plus douloureux. On ne tombe jamais dans le voyeurisme, dans l'exagération, dans le pathos, mais en quelques cases, on se prend des émotions si fortes en pleine face qu'on ne passe pas loin du malaise. Et c'est le cas à chaque page. 

Les dialogues sont tout en justesse, vont à l'essentiel. La mise en scène nous tient du début à la fin. Le dessin de Jordi Lafèbre déborde d'une humanité vibrante. Il l'abordait lui-même en interview, et on s'en rend vite compte, certaines scènes imaginées par Zidrou sont particulièrement sombres, violentes, et mettre des images sur les mots n'a pas du être une mince affaire. Ce n'est d'ailleurs pas dans les dialogues que se raconte l'histoire, mais dans les silences.

Car comme souvent dans la vraie vie, les personnages qui habitent les pages font semblant, gardent la tête haute et leurs douleurs cachées au fond d'eux. Mais elles sont bien trop fortes pour ne pas transpirer de toute part, et c'est toute la force de cette bande dessinée que de retranscrire tout cela sur papier.

Ce second volume de la Mondaine conclue magistralement une histoire à part, puissante et déchirante. Jordi Lafèbre et Zidrou racontent la nature humaine poussée dans ses retranchements, la dureté de la vie en temps de guerre et les choix de vie qui ne sont pas toujours les bons avec une maestria implacable, nous offrant un diptyque dont la lecture écorche un peu...

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