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par Elsa - le 19/05/2015
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par Elsa - le 19/05/2015

La Renarde, la critique

Casterman publie les histoires issues de la revue Professeyr Cyclope. C'est cette fois-ci autour de La Renarde de paraitre en version papier.

'S'il vous plaît, pas encore mes petits !'

La renarde est aussi maline que cruelle. Avec son sourire enjôleur et ses combines, elle vole les poules sous le nez du chien qui les garde, et dévore une portée de lapereaux pour le goûter. Mais ce n'est pas tout, elle pourrait rendre dingue tous ceux qui l'entourent. En plus de la lapine qu'elle rend complètement dépressive, elle fait tourner en bourrique loup, âne, chasseur, cheval, puces. Tous ceux qui croisent sa route en sont pour leur frais.

Les bêtes et la méchante.

Forcément, le parallèle avec Le grand méchant renard, bande dessinée elle-aussi en strip mettant en scène tout un petit monde assez semblable à celui de La Renarde, se fait rapidement. Mais le héros de Benjamin Renner est aussi naïf que cette renarde est vile. On ne joue pas ici dans un registre touchant à l'humour fin, plutôt dans le bête et méchant. Et La Renarde fait fort dans son genre. Si tant ait qu'on n'ait rien contre des massacres de petits lapereaux mignons, le résultat est jubilatoire.

Dans des strips courts et incisifs, Marine Blandin et Sébastien Chrisostome construisent leur petit univers constitué de personnages pas forcément très malins, mais attachants, auxquels la renarde vient pourrir la vie avec détachement et talent. Il suffit qu'elle débarque de son pas léger pour que tout vire à la catastrophe. On se régale, ses victimes beaucoup moins. Les dialogues sont bourrés d'humour noir ou absurde selon les moments, voir les deux en même temps.

Le trait rond, un peu naïf, appuie ce côté absurde, mignon et affreux à la fois. La colorisation très tramée, aux teintes rétro, est particulièrement jolie. La mise en scène est pleine de malice et d'inventivité, aussi dynamique qu'un dessin animé. En ça, le passage du numérique à la version papier est très réussi, on a presque l'impression de voir les personnages en mouvement. Leur design en dit déjà long sur la personnalité de chacun, pour un résultat adorable et complètement décalé par rapport au propos. Ils sont tous très expressifs, donnant encore plus de mordant aux dialogues.

La Renarde, c'est 104 pages de méchanceté presque gratuite et d'estomac rempli, des personnages attachants à qui il n'arrive que des malheurs et une héroïne bien plus vile et rusée que La Fontaine n'aurait osé l'imaginer.

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