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par Republ33k - le 12/01/2016
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par Republ33k - le 12/01/2016

Wonder Woman, Déesse de la Guerre - Tome 1, la critique

Pour de nombreux lecteurs fans de l'éditeur aux deux lettres, le run de Brian Azzarello et Cliff Chiang sur Wonder Woman est l'un des plus beaux jamais proposés par DC sur l'amazone. Et après un récent sixième tome, Urban Comics se voit contraint de tourner la page : place au succésseur de ce joli duo, un titre signé par le couple Meredith et David Finch.

C'est aux deux amoureux qu'incombe en effet la lourde tâche de succéder à Brian Azzarello et Cliff Chiang, qui ont lentement mené leur héroïne au rang qui était jadis tenu par un certain Arès. Ce qui conduit sans doute Urban Comics à, en quelques sortes, relauncher la série avec un sous-titre très direct : "déesse de la guerre". S'il est on ne peut peut plus évident, ce sous-titre a au moins le mérite d'expliciter l'une des qualités de cette nouvelle histoire. Devenue déesse de la guerre, Diana est en effet au proie à de violents changements. Son cœur penche de plus en plus du côté de l'épée, et elle laisse la plume à ses collègues de la Justice League. Pire, partout où elle passe semblent naître des conflits de différentes natures.

L'intérêt du scénario de Meredith Finch repose ainsi sur ce qu'on pourrait décrire comme une maléfiction divine. Une idée inspirée pour surfer sur la vague très mythologique du run d'Azzarello, puisque vous n'êtes pas sans savoir que les mythes antiques sont fondés sur des paradoxes et des perversités en tous genres. Seulement, ce qui aurait pu être le prolongement discret mais légitime du run précédent devient rapidement un prétexte. Traitée par-dessus la jambe, cette transformation de l'héroïne pacifique à la déesse guerrière est l'excuse parfaite de Meredith Finch quand il s'agit d'étirer l'intrigue à outrance ou d'offrir à son mari une Wondie en pleine action.

Mais en l'occurrence, c'est un David Finch mi-figue mi-raisin qu'on retrouvera dans cet album. Si l'aggressivité de son trait - qui, comme celui d'un Jim Lee, parvient parfois à sublimer les canons industriels des comic books - ne manque pas de charme et sied à des planches chargées d'action, il a tôt fait d'user les yeux du lecteur, qui ne sait pas toujours ce qu'il regarde.  Finch peut faire preuve d'un souci du détail presque obssessif et tout envoyer valser par flemme ou par manque de temps la case suivante. Parfait exemple de ce traitement graphique à deux vitesse, sa Wonder Woman peut paraître magistrale et guerrière comme vulgaire et adolescente. Des visages multiples qui ne facilient pas l'identification - exemple ci-dessous :

Pour apprécier le titre, mieux vaut oublier le subtil mélange de douceur et de force qu'arrivait à nous faire accepter Azzarello malgré quelques lourdeurs. La Wonder Woman des Finch est beaucoup plus directe, d'aucun diraient brutale. Et j'imagine que cette orientation créative saura trouver un écho dans le film Batman v Superman de Zack Snyder voire dans le film Wonder Woman de Patty Jenkins. Mais même de ce côté-ci, on a un peu de mal à être convaincus.

Après tout, quitte à faire de Wonder Woman un titre entièrement tourné vers l'action, autant y aller franco. Or Meredith Finch se contente de longuement préparer, au sein de cet album, des duels ou des affrontements qui sont toujours expédiés à la va-vite, quand ils ne sont tout simplement pas évités par une quelconque résolution facile. Une impression de flottement et de flou se dégagera donc de la lecture : quatre chapitres et un Annual plus loin, on ne sait toujours pas où veut nous emmener le couple Finch, si ce n'est qu'il a quelques bonnes idées et un faible pour les scènes d'action.

Entre prolongement bien trouvé du run de Brian Azzarello et Cliff Chiang, caméos variés, promesses de bastons et dessins soufflant le chaud comme le froid, la relève a bien du mal à être assurée par le couple Finch, qui nous livre un album non pas honteux, mais bel et bien à milles lieues de ses prédecesseurs. Cependant et comme toujours, le travail d'Urban sur la collection Renaissance se laisse apprécier.

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