Bubble évolue : le plan Basic (gratuit) est limité à 500 albums depuis le 4 juin 2026. On vous dit tout dans cet article. En savoir plus
🍪
Gestion des cookies
Nous utilisons des cookies pour suivre les statistiques de visite, améliorer le site et vous proposer du contenu personnalisé. Sans les cookies optionnels, seuls ceux requis pour le fonctionnement de base seront conservés.
La thématique: Angoulême / la bande dessinée comme enjeu de pouvoir Le salon d’Angoulême est la queue de comète d’une longue campagne de valorisation de la bande dessinée en Europe francophone, amorcée en 1962 avec le Club des Bandes Dessinées. Le Club était une association Loi de 1901 née des lecteurs de la revue FICTION, composée de nombreuses sommités comme Alain Resnais, Francis Lacassin ou Evelyne Sullerot et ayant des antennes en Suisse, Belgique et Espagne. Par « valorisation », il faut entendre la dimension immatérielle et matérielle, culturelle et commerciale, de ce moyen d’expression artistique. En janvier 1974, la bande dessinée est déjà reconnue comme un art à part entière, le 9ème, et elle représente un important marché dans le domaine du livre. Le salon d’Angoulême émerge en fin de ce long cycle. Malgré l’adjectif « international » affiché par les organisateurs dès sa naissance, il s’agit en réalité d’une version francophone du Salon italien de Lucca, qui préexistait depuis déjà huit années et dont les organisateurs avaient servi de parrains. C’est aussi la dernière action promotionnelle de la SOCERLID du Parisien d’origine corse Claude Moliterni. Cette société avait doublé puis enterré le Club des Bandes Dessinées. Moliterni, en charge de la Convention de (bande dessinée de) Paris depuis 1969, livre son carnet d’adresses à l’équipe du nouvel événement réunie autour de l’attaché culturel d’Angoulême, sans regret car il a perdu toute apparence de neutralité en vendant sa revue PHENIX à l’éditeur Georges Dargaud et en devenant son salarié. -« Est-ce que le terme de « Salon » utilisé pour la bande dessinée ne fait pas un peu trop « installé »?… Dans quel esprit avez-vous organisé ce salon ? » -« Le nom ?! Vous savez, c'est toujours un peu pareil quand il s'agit de désigner quelque chose… Convention était déjà pris (nda : la Convention de Paris), Congrès et tout… on a pris Salon parce que ça ne veut rien dire et c'est parfait ! » Francis Groux au micro de la télévision nationale française (ORTF), lors du Salon d'Angoulême 1, Janvier 1974. "Aujourd'hui, le groupe ICON (International Comics Organisation) est devenu une maffia, rien ne peut se faire sans nous. Ce n'était pas du tout l'objectif de départ, mais ce sont les faits, certains l'ont compris à leurs dépends..." Claude Moliterni, extrait de LA CHARENTE LIBRE du 28 janvier 1974, au lendemain du salon Angoulême1. Si une équipe de bénévoles, chapeautée par Francis Groux, a bien attiré cet événement public au sein de sa ville, le terreau politique local était propice. La cité souffrait en effet d’un long complexe d’enclavement : isolée dans les terres loin du littoral, coincée sur son plateau entre ses murailles, sans autoroute et hors des circuits touristiques. Les élus d’Angoulême n’ont eu de cesse, année après année, de revendiquer une place à l’échelle nationale. Ils vont s’agripper à la campagne de régionalisation qui, à la fin des années soixante, marque la fin du gaullisme : Angoulême sera nommée « ville moyenne pilote ». C’est dans le cadre de cette dynamique que s’inscrit la campagne « Angoulême Art Vivant » dont sont issus les rencontres liées à la bd en 1972. Angoulême bénéficiera ensuite de la montée en puissance d’un natif du cru : le Charentais François Mitterrand… Un demi-siècle plus tard, comme toutes les institutions tentées de maîtriser le récit de leur propre histoire, le Salon devenu Festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême a entrepris de réécrire son narratif, son « storytelling », pour être plus conforme à la légende qu’il a entrepris d’édifier. Maintes fois retouchée, aménagée, tronquée, embellie, caviardée, l’histoire « officielle » de cet événement tel qu’il cherche à se raconter de la main même de ses promoteurs, le FIBD et son opérateur privé 9eArt+, est pleine d’oublis, de trous, de vides, d’escamotages et d’absences. Et il ne faut guère compter sur les médiateurs et les médias, majoritairement complaisants, amnésiques, approximatifs ou en affaires avec la manifestation – quand ils ne sont pas d’une servilité qui elle aussi interroge – pour poser les questions qui gênent, ou qui fâchent. Pourtant, le fil rouge qui traverse toute l’histoire de l’événement est éminemment politique – au sens le plus large et le plus générique du terme. Car ce qui se noue à Angoulême depuis un demi-siècle, autour d’un thème en apparence dénué d’enjeux d’envergure, c’est une intense, féroce et perpétuelle comédie du pouvoir – toutes les formes de pouvoir. Les personnes intéressées par la bande dessinée, donc par les politiques éditoriales des maisons d’édition, ne peuvent faire l’impasse sur ces cycles de rencontres entre amateurs et professionnels. Pour illustrer les propos de cet ouvrage, les auteurs iront puiser dans la riche iconographie de l’artiste Alain Saint-Ogan (1895-1974). Un homme qui a longtemps symbolisé « le dessin français » et qui ne s’est jamais reconnu comme un auteur de bande dessinée mais bien comme un homme de presse. Il a oeuvré dans la presse pour enfants et pour adultes. Son personnage de manchot, Alfred, l’ami de gamins Zig et Puce, a longtemps personnifié les prix délivrés aux salons de bande dessinée d’Angoulême.
Recueil collectif de BD initié par Thibault Balahy et produit par Café Creed. 22 personnes y questionnent la figure du monstre dans les différents domaines de la création. Qu'est ce qu'un montre ? Qu'est ce que le monstrueux ? De Jérôme Bosch à David Cronenberg en passant par Hayao Miyazaki, Art Monstre propose 20 réponses subjectives autour de 20 artistes marquants. Ce panorama, non exhaustif, permettra à chacun de découvrir ou redécouvrir des regards singuliers sur la part d'ombre de l'Art et de l'humain.
Voici réunies, pour la première fois, l’intégralité des interviews accordées par René Goscinny aux médias francophone. Ce recueil constitue les mémoires qu’il n’a pas eues le temps d’écrire. Dans ces entretiens donnés à la presse écrite, à la radio, à la télévision, René Goscinny se raconte : son enfance entre Paris et l’Argentine, ses débuts à New York, la naissance d’Astérix, Lucky Luke, Iznogoud ou du Petit Nicolas, sa complicité avec Uderzo, Morris, Sempé, Tabary, Cabu, Gotlib, et bien sûr l’aventure du journal Pilote et des studios Idéfix.Truffées de bons mots et de formules comme il en avait le secret, ces textes se dégustent avec gourmandises et l’on prend toute la mesure du génie de cet humoriste qui aura été convoité par tous les journalistes : du modeste fanzine au journal Le Monde, de Bernard Pivot à Michel Drucker. Ce livre est une contribution décisive et incontournable à l'histoire de la bande dessinée. Avec ces 231 interviews, René Goscinny pose les fondations de ce qu’est aujourd’hui le « 9ème art » ouvrant ainsi la voie aux nouvelles générations d’auteurs et de lecteurs.
Découvrez les albums de Goscinny - Entretiens (1960-1977) :
La première aventure de Tintin en couleurs. Tintin au pays des Soviets reste le seul album de Tintin uniquement disponible à ce jour dans sa version noir et blanc. Créée en 1929 et restée introuvable en librairie jusqu'en 1973, cette première grande histoire marque la naissance de Tintin. C'est avec un plaisir presque enfantin, guidé par l'esprit du jeu et le désir de vitesse qu'Hergé s'adresse au lecteur dans cette course-poursuite où avions, voitures, trains, hors-bords et motos ! lent à toute allure. Si le dessin ne s'inscrit pas encore dans la perfection du style « ligne claire », le jeune auteur de 21 ans démontre déjà son habileté de romancier en images. Le sens dynamique du mouvement, la maîtrise de l'enchaînement des plans et la construction des pages expriment ce talent de raconter par l'image qui fera d'Hergé un grand maître