

En 1838, Louis Daguerre, l'un des inventeurs de la photographie avec Joseph Nicéphore Niépce, rend visite à un vieil ami, le professeur Takis, retiré dans une île grecque. Daguerre est en proie à un véritable dilemme : doit-il mettre la photographie à la portée de tous, ou faut-il au contraire garder cette invention secrète ? La réponse viendra de Marko, un brillant disciple de Takis. Le jeune homme, auquel celui-ci a prêté en secret l'appareil de Daguerre, a imaginé divers procédés pour le rendre plus performant. Si une seule personne est capable d'améliorer la technique de la photographie, on ne peut qu'attendre d'immenses progrès d'une mise en commun de cette invention... Au-delà de la photographie, Iland traite des thèmes de l'exil et de la migration : l'appareil de Daguerre permettra à Marko, s'il s'exile, d'emporter sa terre natale avec lui. Première bande dessinée de Nikos Tsouknidas, "Iland" est un coup de maître, servi par une liberté de trait, une maîtrise des couleurs et un sens de la composition impressionnants.
Dana vit dans une famille peu aisée. La culture et les médias lui procurent une vision idéalisée de Paris et de ses fascinants artistes. Ne pouvant s'identifier à eux en tant que petite fille, elle s'imagine muse, sublimée par leur art. Face aux difficultés de l'adolescence, elle rêve d'être revalorisée par le regard d'hommes qui percevraient sa sensibilité et son intelligence. Juste après son bac, elle monte à Paris et devient l'égérie de plusieurs artistes avec qui elle tisse des liens qu'elle pense profonds et complices. Mais alors qu'elle fait face au deuil de sa mère et devient un peu moins joyeuse et dévouée, elle est rapidement remplacée par des muses plus jeunes et plus disponibles. À la retraite à peine à 24 ans, elle s'interroge et enquête sur l'histoire des muses qui l'ont précédée. Les artistes aiment-ils vraiment leurs muses ? Pourquoi sont-elles si jeunes ? Et pourquoi diable les histoires de muses finissent-elles si mal, en général ?
En cent et quelques jours, en 1916 à Zurich, une troupe d'artistes investit le Cabaret Voltaire et brûle tous les codes du vieux monde. José-Louis Bocquet & Kent offrent le récit totalement inédit de la genèse du mouvement Dada et des révolutions artistiques contemporaines. 1916, au cœur d'une Europe en flammes, un groupe de jeunes artistes clament l'insoumission et la révolte des sens. Chaque soir Dada brûle tous les codes du vieux monde en un feu d'artifice artistique – chant, poésie, musique, peinture –. Depuis ce printemps 1916, Dada aura irrigué toutes les formes de rébellion du XXe siècle, des surréalistes aux situationnistes, jusqu'aux punks. Dada est désormais un fait historique. L'aventure du cabaret Voltaire en est la genèse.