

En 1965, une tragédie a lieu sur la plage de Roquebrune-Cap-Martin : un homme est retrouvé mort noyé en face de son domicile. Il s'agit du Corbusier, célèbre architecte et peintre français, propriétaire d'une somptueuse maison en bord de mer. Cette demeure, c'est la villa E-1027, et contrairement à ce que tout le monde pense, elle a été créée par une femme : Eileen Gray. Fille d'Irlandais, Eileen débarque à Londres pour apprendre les techniques de la laque. Bien décidée à tracer sa propre voie dans le milieu artistique, elle ouvre ensuite une galerie de décoration d'intérieur à Paris et fait la connaissance de Jean Badovici, un architecte passionné par le talent de la jeune femme. A ses côtés, c'est toute la réflexion d'Eileen sur l'art et l'architecture qui se développe et prend lentement forme, pour aboutir à l'oeuvre d'une vie : la villa E-1027. Mais lorsqu'on crée une oeuvre aussi intime, il faut s'attendre à ce que certains ne puissent en saisir toute la complexité... Avec poésie, douceur et amertume, Charlotte Malterre-Barthes et Zosia Dzierzawska nous baladent au coeur de la vie de cette artiste et rendent ses lettres de noblesse à une femme bien trop longtemps restée dans l'ombre de ses collègues masculins.
Nous sommes en 1930 dans l'atelier de Picasso de la rue de la Boétie. Arrive Éluard, radieux. Dali dîne enfin avec sa femme, Gala. « Éluard n'est pas jaloux ? ? Non. », répond le poète. Picasso est sidéré et met en garde son ami : pour lui, Salvador Dali, du haut de ses 25 ans, est un drôle de coco, vieux et jeune à la fois, un peintre au talent sidérant, à l'intelligence vrombissante, prêt à tout... Et Picasso de croquer Dali en chat Mephisto, un chat qui prend vie, se frotte aux jambes d'une Gala qui se baisse et le caresse, et le chat aussitôt de l'emmener avec lui dans son passé, sa jeunesse, et pour commencer à Figueras, ville de Catalogne.
Alfred livre plusieurs fragments de sa vie où se recoupent ses thèmes de prédilection, l'Italie, l'enfance et son rapport au dessin et au théâtre. Chacune de ces histoires présentent un de ces moments de micro-bascule dont l'impact sur notre trajectoire devient tangible parfois trente ans plus tard. Une rencontre, une phrase dite dans l'enfance, une peur qu'on se trimballe encore adulte...