

Kenji est un commerçant lambda qui a repris le magasin familial. La police vient un jour l'interroger sur la disparition de la famille de l'un de ses clients. Le seul indice est un mystérieux symbole dessiné à côté d'une porte. Kenji ne se sent pas particulièrement concerné, jusqu'au jour où Donkey, un ami d'enfance, lui demande s'il se souvient de ce symbole. Kenji explore alors la vie de Donkey, son passé et celui du groupe d'amis dont il faisait partie dans sa jeunesse. Il découvre bientôt l'existence d'une organisation clandestine que dirige l'énigmatique Ami et qui utilise le symbole lié au passé de Kenji comme signe de ralliement. Une série qui n'est plus à présenter ! Ce thriller passionnant s'est vu décerner le prix des éditions Kodansha, fait rarissime puisqu'il était publié par un autre éditeur. En France, le manga de Naoki Urasawa a reçu le prix du meilleur scénario Angoulême 2004 et a été couronné d'un Japan Expo Awards en 2008. Cette nouvelle édition bénéficie de pages couleur et d'une traduction revue.
Contrairement à l'impression suggérée par son titre, Le Journal de mon père n'est pas un récit autobiographique. Jirô Taniguchi a simplement «planté» son scénario à Tottori, sa ville natale, où il a tant de repères et de souvenirs. Le héros de cette histoire s'appelle Yoichi Yamashita et travaille à Tokyo dans une agence de design. Apprenant la mort de son père, il revient après une très longue absence à Tottori, la ville qui l'a vu grandir. Au cours d'une veillée funèbre très arrosée, le passé des années 50 et 60 ressurgit : l'incendie qui a ravagé la ville et la maison familiale, le dur labeur pour la reconstruction, le divorce de ses parents, ses souffrances d'enfant. Lors de cette veillée, chaque membre de la famille apporte un éclairage nouveau sur la personnalité de ce père que Yoichi tenait jusque-là pour responsable du désastre familial. Le fils réalise finalement, mais trop tard, qu'il a sans doute été le seul responsable de leur douloureuse incompréhension.
Le Japon, dans les années 1970... Élevés par un éminent politicien conservateur, Yoko Sakaki et son frère adoptif Tatsuo sont liés par un attachement mutuel dont la profondeur est égale à celle du gouffre qui les sépare en matière d'opinions. Alors que les révoltes étudiantes et les protestations sociales atteignent leur point culminant partout dans le monde, les deux protagonistes s'engagent chacun de leur côté sur des voies radicalement opposées : Yoko emboîte le pas des révolutionnaires, tandis que Tatsuo choisit de suivre ceux de son père... C'est avec un grand plaisir que nous retrouvons Kaiji Kawaguchi au sein de notre catalogue, à travers une autre oeuvre culte de son répertoire. Après Cocoro et sa collaboration avec Nobuyuki Fukumoto, à l'origine de Seizon Life et Confession, l'auteur signe ici un récit haletant, ancré dans un contexte de tensions politiques et de protestations sociales. La série met en scène un frère et une soeur aux convictions radicalement opposées. Malgré l'attachement profond qui les unit, le fossé idéologique se creuse inexorablement. Kawaguchi explore cette fracture avec finesse, construisant une lutte de valeurs où s'entremêlent engagements, revendications et émotions humaines. Un conflit qui gagne peu à peu en ampleur et résonne avec des problématiques toujours brûlantes dans nos sociétés contemporaines.