Marc et Astrid viennent de se séparer et Astrid peine à retrouver le cours normal de sa vie ; elle espère par moment que leur histoire n'est pas terminée et elle n'a pas encore annoncé la nouvelle à tous ses proches. Mais Marc ne répond plus à ses textos et à ses messages téléphoniques. Désemparée, la jeune femme tente de continuer à vivre, prépare un concours de danse classique, et au fil des semaines, devient de plus en plus en colère contre son ex-compagnon, qui n'est toujours pas venu récupérer ses affaires chez elle.De son côté, suite à une soirée arrosée, Marc se reveille dans une maison inconnue, chez une femme mystérieuse, Barbara, qui vient de se faire voler une pierre précieuse par son frère et qui demande à Marc de l'aider à poursuivre les voleurs pour retrouver l'objet dérobé. Marc se retrouve alors entraîné dans un monde fantastique peuplé de personnages à têtes d'animaux, de châteaux labyrinthiques et de pièges en tout genre, sans bien comprendre ce qui lui arrive.Norbu est un double récit cryptique, parsemé de symboles. Une double histoire, celle d'Astrid, ancrée dans le monde réel, et celle de Marc, qui semble évoluer dans une autre réalité. Le dénouement, ou l'explication, se trouve au centre du livre.
Dans un monde peuplé d’humains sans jambe, sans bras ou sans tronc, Gus et ses trois têtes fait office d’exception, voire d’anomalie. Esclave moderne œuvrant dans une usine où la cadence est intenable, Gus broie du noir, et les spiritueux qu’il ingurgite lors de quelques beuveries désespérées ne lui apportent que des trous noirs abyssaux, et zéro réponse à sa quête de sens et d’identité. Une psychanalyse qui patine, une mère spécialisée dans les reproches, un secret de famille bien gardé – Gus, en perpétuel conflit avec lui-même, ne voit à quoi se raccrocher. Mais le jour où la cadence augmente encore sur les chaînes de montage, l’homme aux trois têtes craque et rend son tablier dans un coup d’éclat exemplaire. Un comportement détonnant qui fera de Gus le coupable idéal d’un sabotage survenu dans la grande usine… Dans des pages denses au noir et blanc soigné, et avec un sens de l’absurde assumé, Rachel Deville décrit un monde fantasque miroir du nôtre, un monde un peu fou qui produit trop, mais offre peu. Pourtant <em>Le Grand</em><em>Je</em> n’a rien d’un livre cynique ou désespéré, et se présente même plutôt comme une belle ode ode à la désobéissance, et une invitation à l’insoumission. Rachel Deville est une autrice rare (<em>L’Heure du loup </em>à L’Apocalypse, <em>La Maison circulaire</em> chez Actes Sud); elle réalise avec <em>Le Grand Je </em>un livre d’une grande originalité, qui fait se marier de façon rare <em>psychanalyse </em>et <em>lutte des classes</em>.