Un Robin Des Bois sombre et torturé. Oubliez l’heroic fantasy pailletée et les preux chevaliers : ici, le Moyen Âge gratte, saigne et transpire la brume ! L'histoire nous plonge aux côtés de Pierre, un jeune homme brisé par les croisades, ramené à la vie par une sorcière pour affronter un destin encore plus sombre que la mort. Au cœur d'une province étouffée par la misère et la tyrannie, il tente de s'affranchir de la violence de ses pères. Vous n'y trouverez aucun héros parfait, aucun monstre absolu ; juste des âmes grises qui luttent pour leur liberté au milieu du chaos. Visuellement, c'est beau 😍 , tout simplement. Le trait est d'une précision nette et précise, c'est du très beau travail ! L'auteur joue avec les flash-backs de belle manière pour décortiquer la psychologie des personnages. L'ambiance y est cendrée, poisseuse et tragique, mais tellement immersive ! Une œuvre dense et plutôt exigeante qui bouscule les codes de la BD médiévale. Si vous aimez les récits noirs, profonds et viscéraux, foncez les yeux fermés.
J’ai acheté cet ouvrage sur les conseils de mon libraire et j’avoue avoir eu du mal à le lire. Je n’ai pas aimé le dessin, même si je suis conscient qu’il est au service de l’histoire et notamment pour marquer le côté crasseux du moyen âge. J’ai trouvé l’histoire intéressante même si elle se rapproche un peu trop de celle de Robin des bois avec une touche de mysticisme et de fatalisme. Les personnages sont bien campés et collent parfaitement au récit. Mais au final pas de héros si ce n’est une succession de figures fortes et faibles à la fois ; tiraillées qu’elles sont par leurs passés, leurs croyances et ce qu’elles tendent à être. Certains personnages “secondaires” comme Will, Jean ou la Bailli (ce dernier navigue entre secondaire et principal) sont pour moi les vrais héros de cette bande dessinee. Bref, j’ai mis un bien car même si j’ai eu beaucoup de mal à la lecture, j’ai quand même trouvé un sens à me plonger dedans. Je ne sais donc pas trop si je recommande ou pas ce livre.
Au final, une impression mitigée. Il y avait du potentiel dans l'histoire, l'époque, les personnages. Mais on s'y perd parfois malgré le jeu des couleurs, les flashback réguliers nous perdent. De même sur le comportement des personnages. C'est le choix de l'auteur! Mais une lecture qui me laisse un peu sur ma fin. 3 étoiles quand même.
Un gros album ambitieux qui aux vues des thématiques évoquées aurait pu se terminer en flop mais il en ressort une grande maîtrise scénaristique alliée à une gestion de la couleur qui permet au lecteur de suivre les différents flashbacks. Dans un lointain moyen-âge chacun tente de survivre suivant son rang, ses croyances et convictions
Une BD agréable à lire. L'histoire aborde plusieurs thèmes : amours, haine, croyances, pouvoirs et opprimés... Le tout sur une époque médiévale, féodale et un soupçon de sorcellerie. L'ambiance est sombre mais le tout prend bien avec la construction du scénario qui rend la lecture plus fluide. Les dessins et couleurs sont agréables.
Cela fait seulement quatre ans que Sylvain Ferret a fait une irruption remarquée dans l’univers de la BD au travers de la mise en scène très travaillée et cinématographique de la trilogie steampunk Métamorphoses 1848. Déjà très sombre, la série débouche directement sur un premier très ambitieux projet solo, Talion, réalisé à une vitesse ahurissante de trois tomes de soixante pages en une année et demi… et malheureusement aussi décevant qu’attendu. En cause un traitement narratif bien trop suggéré qui laissait le seul montage comme guide pour des lecteurs perdus. Sans doute trop vite et trop gros. L’auteur semble avoir tenu compte des retours frustrants en travaillant sa narration sur ce nouvel album, encore plus gros, qui montre que nous avons affaire à un bourreau de travail et un sacré caractère. Lancé par un certain Tony Valente, dont la maîtrise scénaristique n’est plus à démontrer sur Radiant, il est peut-être retourné prendre conseil auprès de son mentor… Toujours est-il que le constate est un peu retourné sur Mémoires de Gris puisque c’est cette fois-ci bien la construction qui impressionne et révèle un auteur assez dépressif et taraudé par une complexité permanente, qui explique peut-être sa précipitation sur son précédent projet. Ici la simplification de l’intrigue permet de fluidifier la structure, très hachée, en une multitude de cours chapitres aux titres qui apportent une vraie qualité littéraire à l’expérience. L’élégance du livre dès la maquette et l’aération fort généreuse montrent l’implication de l’éditeur (qui semblait quelque peu absent sur Talion) et l’alternance de styles graphiques différents sur les différentes époques mais également sur des intermèdes graphiques saisissants apporte le rythme. Toujours attaché à ses « montages » extrêmement travaillés (il serait peu surprenant de le trouver un jour sur un projet cinématographique) Ferret utilise les vues subjectives, les vues aériennes et plans de coupe en n’hésitant pas à interrompre brutalement l’action. La frustration reste de mise de par le refus de la continuité qui multiplie les séquences en divers lieux et avec divers personnages et en se dispensant toujours d’explications. L’impression qui en ressort, outre une complexification du suivi, est une aventure haletante tout à fait adaptée à l’esprit du livre. Pas beaucoup de sourires ni de beauté dans l’univers de Sylvain Ferret, qui semble plus attaché à sonder ce qu’il y a de sombre en chaque âme qu’à trouver la lumière. Mais la grande réussite de l’auteur est surtout de nous prendre à contre pied en déconstruisant minutieusement chacun des archétypes des histoires de fantasy: le chevalier, le tyran, la sorcière, les pauvres gueux, etc. Il en ressort le principal suspens de l’histoire en faisant douter continuellement des intentions et de notre propre perception de chacun des personnages. Sur le plan graphique, on peut être rebuté de prime abord comme on avait pu être envoûté par l’immense boulot sur Talion. Ici on est plutôt dans le minimalisme qui colle peut-être plus à la technique du dessinateur, notamment sur des encrages assez hésitants. Peu de pages véritablement remarquables graphiquement hormis des effets de découpage, mais il faudrait plutôt incriminer une colorisation recherchée dans le terne, qui finit par lasser au bout de deux-cent pages. La cohérence ne peut être contestée, simplement il vaut mieux être prévenu de l’ambiance brumeuse et nihiliste de Mémoires de gris. Au final on ressort incontestablement impressionné par la subtilité du travail et la détermination à réaliser un album qu’on ne peut pas qualifier de mainstream. Qu’on aime ou non cet album Sylvain Ferret aura apporté sa pierre à l’édifice ô combien surchargé des principes narratifs et une chose n’est pas des moindres que de se démarquer sur des concepts pourtant vus mille fois. Avec Mémoires de gris l’auteur est sans doute sorti de sa chrysalide avec de très solides bases. Voyons ce qu’il nous prépare pour la suite…
Mémoires de Gris est le dernier album de Sylvain Ferret. Un récit à priori, bien plus terre à terre que son ouvrage précédent : Talion. J'ai toujours gardé un certain intérêt pour le travail de Sylvain Ferret. Auteur talentueux et ambitieux, il se démarque aussi par une approche graphique caractérisée par une colorisation éclatante. C'est d'ailleurs la première chose qui détone avec Mémoires de Gris. La colorisation est plus classique, plus terne donnant à l'ensemble un côté froid, voire clinique qui d'une certaine façon correspond à l'ambiance souhaitée. Mais, on y perd un peu en folie. Pour le coup, c'est un comme si Sylvain Ferret avait mis de côté sa particularité. L'ensemble est maitrisé mais ne se démarque pas du lot. Le trait reste incisif, les décors sont fignolés mais je n'ai pas été aussi emporté que sur ces albums précédents. Mémoires de Gris se plante en plein Moyen-âge avec son lot de misère; de corruption politique et de mysticisme. Là aussi, on ne peut pas dire que la thématique brille par son originalité. Lier la violence des hommes à cette période est devenue une évidence qui frôle la caricature. Mais Sylvain Ferret est un malin et il se démarque en nous proposant en réalité une relecture ( à peine caché) de Robin des bois. Les noms sont différents, la tonalité se veut plus réaliste mais on retrouve les marqueurs de la légende. Robin des Bois devient Pierre de Brûme et Marion est une Marianne bien radicale. L'idée est séduisante surtout qu'elle est plutôt bien menée et que les personnages mis en scène, ont tous une approche intéressante, avec un principe simple : derrière la légende , se cache une réalité. Les mauvais et les gentils n'étant pas ceux que l'on croit ! Il est juste dommage que la partie fantastique vienne parasiter le récit. On se demande même l'utilité d'un tel rajout tant on aurait pu l'enlever sans que cela n'enlève quoique ce soit à l'histoire. il aurait été préférable à l'inverse de peaufiner un peu plus la caractérisation de certains personnages, permettant de mieux appréhender tel ou tel comportement. Par exemple, l'attitude de Marion m'a paru, à de nombreuses fois, assez incompréhensible .. C'est dommage mais ça montre, une nouvelle fois, une des grandes faiblesse de Sylvain Ferret qui, très souvent, veut trop en faire. Généreux à l'excès; il doit apprendre à resserrer son intrigue et accorder une plus grande importance à son rythme. En définitif, je ressors un peu déçu par Mémoires de Gris. Si le récit et le dessin de Sylvain Ferret n'est pas dénué de nombreuses qualités, il lui manque encore ce petit grain de folie pour nous happer totalement.