

Un monument de la littérature pour un roman graphique cathédrale.On savait Victor Hugo humaniste ; en relisant Notre-Dame de Paris, on le découvre punk ! Contestataire, drôle et anarchisant ! Non seulement cette épopée nous précipite de la hauteur de cinq siècles, en plein cœur du Paris médiéval, dans une Société brutale et obscurantiste où règnent bûcher, superstitions et haine de l’hérétique, mais dans ce décor fascinant, Hugo nous offre un récit d’une saisissante modernité. Au centre de ce drame, une jeune fille, Esmeralda, ses prédateurs et la cathédrale Notre-Dame comme axe, édifice totémique autour duquel gravitent tous les protagonistes et se tisse le sourd complot des ténèbres.Après les succès de Dracula puis de Frankenstein, Georges Bess nous revient avec le plus emblématique des écrivains français. Il s’associe au souffle hugolien pour nous livrer une magnifique fresque historique, épique et romanesque qui rend hommage à la richesse de l’œuvre originelle. Bess se saisit ici du mythe comme personne ne l’avait fait auparavant avec son imposante maestria graphique et un noir & blanc aussi ensorcelant que le regard d'Esmeralda. C’est un tour de force à grand spectacle, intense et fastueux, peuplé de personnages légendaires !
Fin du 18e siècle. La Révolution est en marche. Mais l'Angleterre est maîtresse des mers. Le roi de France a recours à des armateurs privés qui offrent à des aventuriers la possibilité de s'enrichir sur le dos de l'ennemi. Ainsi est créée la course en mer. Un acte officiel, la « lettre de marque », en fixe le cadre légal. Les corsaires ne sont pas des pirates : ils ne peuvent attaquer que des bateaux en guerre avec leur pays, ou transportant des marchandises ennemies. Or, tandis que la guerre navale se déchaîne, un jeune homme s'apprête à quitter Saint-Malo. Il deviendra un héros de légende. La terreur des océans et de l'Angleterre. Un symbole de courage, d'audace et d'aventure, dont le nom claque comme une voile au vent. Surcouf ! Le Tigre des Mers ! Le futur « roi des corsaires » ! Et voici qu'un mystérieux journaliste du Times, alors naissant, se lance sur ses traces.
Califat d'Al Andalus, Espagne. Année 976 Voilà près de soixante ans que le califat est placé sous le signe de la paix, de la culture et de la science. Le calife Abd el-Rahman III et son fils al-Hakam II ont fait de Cordoue la capitale occidentale du savoir. Mais al-Hakam II meurt jeune, et son fils n'a que dix ans. L'un de ses vizirs, Amir, saisit l'occasion qui lui est donnée de prendre le pouvoir. Il n'a aucune légitimité, mais il a des alliés. Parmi eux, les religieux radicaux, humiliés par le règne de deux califes épris de culture grecque, indienne, ou perse, de philosophie et de mathématiques. Le prix de leur soutien est élevé : ils veulent voir brûler les 400 000 livres de la bibliothèque de Cordoue. La soif de pouvoir d'Amir n'ayant pas de limites, il y consent. La veille du plus grand autodafé du monde, Tarid, eunuque grassouillet en charge de la bibliothèque, réunit dans l'urgence autant de livres qu'il le peut, les charge sur le dos d'une mule qui passait par là et s'enfuit par les collines au nord de Cordoue, dans l'espoir de sauver ce qui peut l'être du savoir universel. Rejoint par Lubna, une jeune copiste noire, et par Marwan, son ancien apprenti devenu voleur, il entreprend la plus folle des aventures : traverser presque toute l'Espagne avec une " bibliomule " surchargée, poursuivi par des mercenaires berbères. Cette fable historique savoureuse écrite par Wilfrid Lupano (Les Vieux Fourneaux, Blanc Autour, ...) et servie par le trait joyeux de Léonard Chemineau (Le Travailleur de la nuit, Edmond, ...), fait écho aux conflits, toujours d'actualité, entre la soif de pouvoir et la liberté qu'incarne le savoir.