

La fin de l’innocence. Nous sommes en 1971. Diane a 12 ans et habite à la campagne avec sa mère. C’est une jeune fille fascinée par le monument aux morts du village qu’elle observe chaque jour depuis sa chambre… Harcelée à l’école, elle passe le plus clair de son temps à s’occuper toute seule jusqu’au jour où elle fait la rencontre d’un spectre. C’est Hadrien, son arrière-grand-père, un soldat de la Grande Guerre, mort pour la France en 1917 ! Diane est ravie d’avoir un ami, mais pour pouvoir reprendre forme Hadrien aura besoin de son aide … Enthousiaste, elle décide d’aider son bisaïeul à trouver le salut en recherchant la trace du soldat responsable de sa mort. Mais au fil des visites qui se succèdent, la santé de Diane se fragilise tandis qu’Hadrien semble récupérer toute sa force… Un jour, en allant voir Rose, sa grand-mère hémiplégique à l’hôpital Diane lui annonce qu’elle échange avec Hadrien. Mais Rose réagit très mal à cette nouvelle, ce qui perturbe Diane qui continue de perdre son énergie vitale au contact de cet ancêtre. Un camarade de classe pourra peut-être lui faire une confidence capitale… Confuse, Diane se tourne vers sa mère. Mais pourra-t-elle vraiment y trouver une consolation ? Qui Laisse passer la lumière nous parle de la confiance entre enfant et adulte. S’appuyant sur un style graphique remarquable, le scénario nous interpelle tant sur le pouvoir libérateur de la parole et les secrets de famille que sur la résonance que peut avoir la tragédie d’une guerre sur les générations suivantes et les relations de confiance. Une lecture éclairée et pertinente.
Priscilla Layne, professeure d'allemand afro-américaine aux origines caribéennes, s'est longtemps vue considérée comme une « Oreo » : jugée trop proche des Blancs par ses camarades noires, elle était également rejetée par les Blancs qui ne la voyaient pas comme l'une des leurs. C'est son histoire qui nous est transmise, depuis sa petite enfance marquée par les discriminations sexuelles, raciales et sociales, son adolescence rebelle où elle décide de se faire skinhead, de gauche, pour devenir une rude girl, jusqu'à ses études à l'étranger et ses choix professionnels. Mais Birgit Weyhe s'étant vue accusée d'appropriation culturelle lors d'un colloque dans une université américaine, elle est prise de doutes lorsqu'elle décide de consacrer une bande dessinée à Priscilla Layne. Ainsi le récit de cette trajectoire hors du commun se double-t-il d'une véritable mise en abyme du travail de création, car l'artiste, interpelée par son personnage principal, est amenée à s'interroger sur le moindre de ses choix, narratif ou esthétique. En résulte un ouvrage unique, qui mêle questions de classe, de race et de genre, et offre une réflexion puissante sur la place et les devoirs de l'artiste lorsqu'il ou elle s'empare de la trajectoire de personnages réels.
Faites un effort d’imagination et glissez-vous vous dans la peau d’un quinquagénaire blanc et célibataire : Simon, ancien auteur de BD à succès, dorénavant prof aux Beaux-Arts, chauve, bedonnant et déprimé. Vous y êtes ? Alors, écoutez-moi. Vous avez l'angoisse chevillée au corps de celui qui ne comprend plus le monde dans lequel il vit. Vous êtes dépassé. Vos élèves – dont une écrasante majorité de filles – réalisent en cours des bandes dessinées féministes au dessin girly ou manga. Leur sujet de prédilection : les menstruations, la transidentité, les discriminations sexistes ou les violences sexuelles. Vous êtes las… Vos collègues, des artistes ratés, vous renvoient le reflet de votre propre médiocrité. Quant aux auteurs et autrices de la nouvelle génération, leur succès vous rappelle votre réussite passée. Vous n’attendez plus grand-chose de la vie. Mais voilà qu’un jour, vous trouvez une lettre dans votre casier. Et pas n’importe laquelle, une lettre d’amour… Florence Dupré Latour : "J'ai un rapport particulier avec l'amour puisque j'ai une sœur jumelle. Donc, à partir de là, tout est faussé, l'acmé de l'amour c'est ma sœur jumelle et ensuite, il y a le reste. Le sentiment amoureux pour moi, c'est une espèce de folie furieuse. Je ne peux pas vivre sans le sentiment amoureux, sa promesse de dinguerie."