

Comme vous le savez, le couple parfait n’existe pas. C’est même une notion qui varie considérablement d’une personne à l’autre. Un couple parfait est souvent considéré comme une relation où les partenaires partagent un lien émotionnel fort et des objectifs similaires : une communication ouverte et honnête, la confiance, le respect, des valeurs communes, du temps de qualité et bien sûr, le compromis. Mais la perfection est un idéal... Tous les couples connaissent des hauts et des bas, et ce qui fonctionne pour un couple peut ne pas fonctionner pour un autre. La clé est de trouver un équilibre qui contribue à une relation épanouissante et saine. Aurélie William Levaux réfléchit depuis toujours au sentiment amoureux et à la notion de couple en particulier. Avec Duettiste et ses saynètes du quotidien, elle continue de chercher à percer le secret de l’art d’aimer. Aurélie William Levaux : "Je ne sais pas si je peux définir l’amour, je peux le ressentir, le perdre, le chercher, le partager, m’en enchanter, mais c’est surtout de relation avec l’autre dont j’ai besoin de parler ou qui m’intéresse, de ce qu’il y a autour, dedans, ce terme d’amour, parce que ce sentiment est si mouvant, différent d’un contexte à un autre, d’un âge à un autre, d’une personne à une autre, que ça serait bizarre d’en avoir une idée figée. Bref, c’est le rapport à ce qui n’est pas soi qui me branche et toutes les difficultés ou absurdités, qui font grandir, marrer ou régresser, rencontrées que j’observe."
Priscilla Layne, professeure d'allemand afro-américaine aux origines caribéennes, s'est longtemps vue considérée comme une « Oreo » : jugée trop proche des Blancs par ses camarades noires, elle était également rejetée par les Blancs qui ne la voyaient pas comme l'une des leurs. C'est son histoire qui nous est transmise, depuis sa petite enfance marquée par les discriminations sexuelles, raciales et sociales, son adolescence rebelle où elle décide de se faire skinhead, de gauche, pour devenir une rude girl, jusqu'à ses études à l'étranger et ses choix professionnels. Mais Birgit Weyhe s'étant vue accusée d'appropriation culturelle lors d'un colloque dans une université américaine, elle est prise de doutes lorsqu'elle décide de consacrer une bande dessinée à Priscilla Layne. Ainsi le récit de cette trajectoire hors du commun se double-t-il d'une véritable mise en abyme du travail de création, car l'artiste, interpelée par son personnage principal, est amenée à s'interroger sur le moindre de ses choix, narratif ou esthétique. En résulte un ouvrage unique, qui mêle questions de classe, de race et de genre, et offre une réflexion puissante sur la place et les devoirs de l'artiste lorsqu'il ou elle s'empare de la trajectoire de personnages réels.
En mai 2020, dans le nord-est de l’Italie, un jeune pakistanais est retrouvé sur le bord d’une route en rase campagne. Il est dans un sale état, couvert d’hématomes, les mains liées derrière le dos. L’homme déclare aux policiers qui l’ont secouru qu’il est employé – tout comme une trentaine de ses compatriotes – d’une coopérative de services, sous-traitante d’une imprimerie industrielle. Dans l’entreprise, il est soumis à des tours massacrants de douze heures, sept jours sur sept, sans avoir droit ni à des journées de repos ni à des congés payés. Le tout pour un salaire de cinq euros de l’heure. Ayant tenté de s’opposer à ces abus, le jeune homme a été séquestré par les nervis de son employeur, menacé, roué de coups et abandonné à des kilomètres de son domicile. Venus à connaissance de cet épisode, des syndicalistes s’emparent de l’affaire et mettent à nu un réseau de recrutement et d’exploitation illégaux de main-d’œuvre, qui profite de la connivence de ses respectables bénéficiaires finaux. Dans Ismaël et les autres, Paolo De Marchi et Giuseppe Zambon retracent le combat de ces travailleurs immigrés pour recouvrer leurs droits et leur dignité. Les deux auteurs dissèquent, en même temps, les mécanismes d’une forme d’esclavage moderne qui est désormais intégrée, dans tous les pays d’Europe, à des pans entiers de l’économie et dont les travailleurs migrants, légaux comme illégaux, sont les principales victimes.