











Pendant longtemps, j’ai fait partie de ceux qui pensaient qu’il ne fallait pas se justifiier lorsqu’on accusait l’islam de tous les maux et les musulmans de toutes les atrocités. « Se justifiier, c’est s’accuser », dit-on. Puis, avec le temps, j’ai compris que cette façon de réagir était infructueuse. Plus les années passaient et plus la confusion grandissait. La position de l’islam face à toute cette actualité malheureuse a toujours été claire et sans ambiguïtés ; pourquoi ne pas simplement l’exposer et la rendre accessible à tous ? Alors, puisque certains se servent du dessin pour disséminer leur venin, nous avons décidé de l’utiliser pour soigner les blessures. Et puisque d’autres se servent de la liberté d’expression pour obscurcir le débat, nous avons décidé de l’utiliser pour éclaircir les idées. En tant que musulman, je reste optimiste sur les résultats d’un dialogue ! ...n’en déplaise aux semeurs de troubles. Norédine Allam
Joann Sfar cherche depuis trente ans à inviter son lecteur dans le monde juif. Tous ses récits sont des appels désespérés à la fraternité. "La Synagogue" marque sans doute le début de son épopée la plus intime. Cette fois, il va moins loin que l'Algérie du chat ou que l'Ukraine de "Klezmer". Il a fallu qu'il se trouve sur un lit d'hôpital en 2021 pour que le dessinateur ose enfin raconter ses vraies aventures d'adolescence. C'est une génération qui se sent coupable d'être née après Hitler et de ne pouvoir le combattre. Des gosses poings serrés qui se disent que les fils de bourgeois déguisés en skinheads qui croisent leur route ne seront pas des ennemis à la hauteur de leur chagrin. C'est l'histoire des Juifs de France qui rêvent d'être comme tout le monde mais qui ne savent pas comment se rendre utiles lorsque des bombes commencent à exploser dans les synagogues. Derrière le plaisir du dessin et des bagarres, un récit salutaire pour rappeler aux jeunes ce que fut le Front National quand il ne faisait pas semblant d'être un parti comme les autres. "La Synagogue" est un récit qui rappelle la permanence des extrémismes politiques et la nécessité de les combattre, même si cette lutte doit être recommencée à chaque génération.
Mourir pour ses convictions. Rome, 64 après Jésus Christ. Un incendie ravage la cité antique. Et tandis que les flammes se reflètent dans ses prunelles, Néron, l'empereur sanguinaire, sur les hauteurs de son palais, joue de la harpe. Si la légende tragique n'a jamais été véridiquement accréditée, on sait avec certitude en revanche qu'il utilisa ce drame pour lancer une véritable chasse aux Chrétiens. Des centaines d'entre eux sont arrêtés, torturés, massacrés. Parmi les suppliciés, le plus célèbre des apôtres du Christ. Celui qui deviendra le symbole de l'Eglise et que Jésus avait désigné comme le Roc sur lequel il la bâtirait : Pierre.Cette histoire est celle de son agonie dans le cirque de Néron. Ces heures douloureuses qui précèdent sa mort et durant lesquelles il se remémore cette vie incroyable au côté de ce Messie qu'il a tant aimé malgré le doute qui le rongeait en permanence et l'a poussé à le renier par trois fois. Saint Pierre et Néron : deux figures à jamais associée dans le tumulte de ce premier siècle de l'ère chrétienne.