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Critiques
par Rémi I. - le 15/07/2021
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par Rémi I. - le 15/07/2021

Röhner : cohabitation difficile

Auteur de bande dessinée avant-gardiste allemand, Max Baitinger présente P., un homme méticuleux, peut-être trop. Allez, disons-le tout net, il est maniaque.

P. est même obsessionnel compulsif. Chaque moment de sa vie est millimétré, même s’il accepte tout de même une chose : sa voisine « Trucmuche » peut venir faire quelques menus ménages chez lui, en échange de bons services. Quand son ami Röhner débarque chez lui pour une durée indéterminée, c’est tout son quotidien qui est chamboulé.

Dans cette histoire qui passe beaucoup par l’image et la description de son personnage principal plutôt que par les dialogues directs, Max Baitinger joue beaucoup avec la rigidité mentale de P., avec la ligne, le cadrage, les onomatopées, le point de vue, les perspectives, les attentes… Sa ligne claire minimaliste se forme et se déforme simultanément à l’esprit torturé de son héros. Le jugement et la vision de P. se distordent en même temps que ses habitudes. Il est endeuillé par la perte de sa rassurante tranquillité et sa vie frôle l’abstraction tant son esprit vrille.

La dérision calme, la savoureuse décomposition des tâches et la focalisation sur des détails insignifiants propres à Max Baitinger rappellent le travail de Chris Ware, le design et sa ronde rigidité celui de Jason, puis le phrasé méticuleusement ciselé renvoie à Tom Gauld. Excusez du peu.

Röhner de Max Baitinger, L’employé du moi


Image principale : © Max Baitinger / L’employé du moi
Traduction : Nelle Cernero

© Max Baitinger / L’employé du moi
© Max Baitinger / L’employé du moi
© Max Baitinger / L’employé du moi
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