

Réapprendre à vivre Elise mène une vie saine. Elle prépare le marathon tout en se consacrant à ses études de médecine. Mais un beau matin, elle s’écroule en plein milieu de la rue. Le diagnostic est sans appel. À 27 ans, Elise vient de faire un AVC ! Après un réveil difficile à l’hôpital, elle entame un long combat, celui de la rééducation. Car Elise est maintenant hémiplégique du côté gauche. Son cerveau n’est plus aux commandes. Comme Elise, Louis est aussi victime d’un AVC dans la fleur de l’âge, mais lui est touché du côté droit et se réveille aphasique : il ne peut plus ni marcher ni parler. Leur vie vient de basculer en une fraction de seconde, échappant à toute statistique médicale. Il leur faudra désormais apprivoiser un nouveau corps, réapprendre les gestes les plus simples, parler, s’habiller, sourire à nouveau. Entre frustrations, rêves brisés et envie de renouer avec le monde professionnel, ils vont chacun puiser en eux la force d’avancer jusqu’à ce que le destin s’en mêle et que leurs chemins se croisent… C’est le début d’une amitié qui commence au détour d’un groupe de parole. Ils se comprennent, ont traversé les mêmes épreuves et partagent surtout les mêmes doutes et les mêmes espoirs de reprendre une vie normale malgré leur handicap. Cette histoire d’amour naissante pourrait-elle les aider à retrouver du sens, à reprendre goût à la vie, à se dépasser ? Malgré le regard des autres et les obstacles quotidiens, Elise et Louis vont se soutenir, progresser et peu à peu reconquérir leur indépendance…Avec ses dessins doux et délicats, Céline Théraulaz met en lumière un mal qui n’épargne plus les plus jeunes générations. D’après l’histoire vraie d’Elise et Louis, l’autrice livre un récit de vie aussi bouleversant que pédagogique sans jamais tomber dans la condescendance et porte un regard quasi sociologique sur la prise en charge des victimes. Les protagonistes en frôlant la mort trouvent l’amour. Une leçon de vie et de courage pour un premier roman graphique documenté et inspirant qui interroge notre rapport au handicap. Aujourd’hui Elise et Louis, continuent leur travail de sensibilisation à travers des conférences et des prises de parole et avancent, ensemble.
« Le 1er avril 2001 je suis mort. » On connaît Benoît Preteseille pour ses bandes dessinées parues chez Atrabile, Biscoto, Cornélius et d’autres éditeurs, où il exprime un intérêt certain pour l’art du début du XXe siècle, le dadaïsme, le surréalisme, Fantômas, Boris Vian ou encore Marcel Duchamp. C’est peu dire qu’on ne le voyait pas vraiment investir le terrain de l’autobiographie. Et pourtant… Il y a 25 ans, Benoît Preteseille a été foudroyé sur un train par un arc électrique. Brûlé de part et d’autre au troisième degré, hospitalisé pendant de longues semaines, il en a gardé une série de marques et cicatrices, autant de souvenirs indélébiles et aujourd’hui toujours visibles. Si certains accidents, certains traumatismes, viennent blesser l’intérieur d’un être sans que cela soit discernable, la brûlure, elle, abîme la chair pour longtemps, voire pour toujours. Et si Benoît Preteseille a appris à vivre avec ce nouvel état, le regard de l’autre, lui, renvoie sans cesse l’image d’un être qui appartient désormais à une communauté à part, une tribu de « personnes abîmées, bousillées, tordues, ébréchées » et « visiblement pas intactes ». C’est de cela dont parle Benoît Preteseille dans « Un Grand Brûlé » – la douleur infinie, le regard des autres, les liens familiaux – à travers des pages humbles dans leur forme, mais incroyablement puissantes, et marquantes. Quand il ne dessine pas, Benoît Preteseille dirige sans partage ION éditions et fait de la musique sous le pseudonyme de Benoît Tranchand; il est également enseignant à l’EESI d’Angoulême.
Un cauchemar hante Lidia : une impression d’être observée avec insistance, des mains qui s’agrippent à elle, et surtout une intense sensation de tristesse. Au fil du temps, ce mauvais rêve entraîne des crises d’angoisse et la difficulté à franchir le pas d’un premier rapport sexuel. Le déclic se fait au détour d’une conversation avec une amie qui se plaint d’un prof au comportement douteux. Des mots réveillent en elle le souvenir profondément enfoui d’abus subits dans son enfance. Cette prise de conscience marque le début d’une lente reconstruction. Avec Embrasse-moi, son premier roman graphique, Lídia Mathez signe un récit autobiographique sensible et percutant. Son trait minimaliste et d’inspiration manga contribue à raconter sans pathos sa douloureuse réappropriation de son corps.