

Enfin le voila éditer en France. J'adore le travail de Victoria Ying. Cette bd est tout à son honneur et une suite est prévue
BDM 23/24 : "Humour gavroche de fraîche date".__ « Si Dieu est parmi nous comme la prof elle a dit, c'est en tout cas pas Hugo, il est trop gros, ni Manu, ni François parce qu'ils ont des binocles… Dimi c'est pas possible, il parle même pas bien français... Il reste que Ludo mais ça veut dire que Dieu sait pas faire pipi debout. »Titeuf n'est pas le caïd de la cour de récré, mais il est le «sale gosse» préféré des lecteurs et, il y a 17 ans, comme un OVNI dans le paysage éditorial de l'époque, sortait le premier album de Titeuf. 11 albums plus tard, Zep a entraîné des millions de lecteurs du monde entier et créé un phénomène unique. Dieu, le sexe et les bretelles était paru en noir et blanc : Zep a décidé d'y revenir, pour lui donner un net coup de jeune, et confie pour cela la colorisation à Nob.
Nike J'ai 10 jours, je me souviens... L'explosion terrible qui déchire le ciel de nuit et fait pleuvoir dans l'hôpital n'est ni un tir de mortier, ni un tir d'artillerie, ni une bombe... C'est un coup de tonnerre de mon tout premier orage. Une colère du ciel qui me rassure, autrement plus impressionnante que le feu des hommes... Car je suis un orphelin de dix jours, heureux de sentir la nature plus forte qu'eux. Ce même jour J.10, une infirmière dépose un paquet dans le grand lit blanc, entre Amir et moi. Ce paquet de quelques heures à peine s'appelle Leyla Mirkovic... Pour la première fois, nous voici réunis tous les trois. Nos têtes encastrées les unes dans les autres et nos corps tendus comme les branches d'une étoile... Je me mets à l'écoute des bruits de nos vies. Je suis l'aîné vieux de dix jours, l'orphelin heureux qui aime Leyla, qui aime Amir et qui aime le bruit du ciel en colère. La tétralogie du Monstre est une histoire à trois voix. Celles de Nike, Leyla et Amir, orphelins de Sarajevo aux quatre coins du monde. Il s'agit avant tout d'un travail sur la mémoire. Mémoire individuelle et collective, où se mêlent des images écrites de l'éclatement de la Yougoslavie, « lieu » de naissance d'Enki Bilal (pays à peine disloqué que déjà sorti des mémoires), et des images peintes d'une entêtante conjugaison passé-présent-futur. Mémoire prospective aussi, potentielle, élargie des Balkans au reste du monde, comme dans un miroir. Ce monde, seul endroit, il faut bien le dire, qui nous reste.
Dans un premier temps, nous dirions qu'ils ne sont pas comme nous. Dans un second temps, il devient que ce serait plutôt nous qui ne sommes pas comme eux. Eux, les Rapaces, qui détiennent la force, l'arrogance de la richesse, la mémoire des siècles passés. Ce n'est que lorsque le danger se précisera que les Rapaces réagiront. Au risque de tout basculer...