



Philosophe, essayiste, romancier, Gaspard Koenig a multiplié les expériences et les voyages pour mettre ses idées à l’épreuve du réel. La Désobéissance du radis en est le fruit : une traversée philosophique et personnelle à travers les grands principes qui façonnent nos sociétés, et qui doivent s’articuler aujourd’hui avec la question écologique.Aux côtés du dessinateur Étienne Appert, Gaspard Koenig signe un essai graphique aussi singulier que nécessaire, en mobilisant toute la puissance de la bande dessinée pour partager ses idées.Du cauchemar bureaucratique d’une société régie par les algorithmes aux utopies bien réelles du revenu universel, de la démocratie directe et de l’agroécologie, ce livre dessine une carte incarnée de la Liberté à l’heure où elle se perd, et du Vivant à l’heure où il s’effondre. Les radis comme les humains doivent désobéir !Avec un dispositif narratif original : un prologue intime, un voyage philosophique à cheval, puis une enquête dans le monde réel sur des expériences concrètes.
Ce récit autobiographique décrit une dispute virulente entre l’auteur préadolescent et son petit frère, Guillaume. Razmoh raconte comment, excédé par les incessantes provocations infantiles de Guillaume, il en vient à le frapper. Sans filtre, cette chronique explore le ressentiment propre aux relations fraternelles, capable de mener à un comportement violent. Marqué par cet épisode, Razmoh tente ici de restituer des émotions confuses, où immaturité et brutalité s’entremêlent. Dans ce récit, tout semble passer à travers le filtre comique du dessin. Le style outrancier, ainsi que l’usage de couleurs franches, participent à créer un univers volontiers caricatural. En déformant les visages, en exagérant les mouvements, les expressions, en bruitant tout de manière peu naturelle, l’auteur met en scène un véritable théâtre grotesque, qui donne corps aux émotions exacerbées de l’enfance : ennui, injustice, jalousie, jubilation et violence. La fin du récit prend une ampleur presque épique, soulignée par l’évocation de la célèbre valse de Strauss, associée à l’ouverture de « 2001, L’Odyssée de l’espace », qui vient clore en fanfare cette chronique intime. Un CoCo Comics qui devrait évoquer des souvenirs personnels à bien des lecteurs.
L’histoire vraie derrière le tableau : une enfant face aux regards du monde. En mars 1593, l’Italie découvre un tableau stupéfiant, le portrait d’une jeune fille en habit noble et au visage couvert de poils. Le jeune modèle s’appelle Antonia Gonsalvus, dite Tognina. Atteinte d’hypertrichose, une maladie méconnue à l’époque, Tognina qui n’a guère plus de 13 ans, souffre d’une pilosité excessive. « Offerte » à la marquise Donna Isabella Pallavicina, comme jadis son père fut offert à la cour d'Henri II, Tognina grandit sous la tutelle de sa maîtresse et des regards du monde. Enfermée dans un rôle qu’elle n’a jamais choisi, perçue tour à tour comme une curiosité ou une bête sauvage, Tognina sait que son visage est sa prison. Pourtant quand la peintre Lavinia Fontanalui demande de poser pour elle, Tognina accepte… À une époque où la beauté est jugée l’apanage du divin, Lavinia cherche-t-elle à dépasser les apparences ? Espère-t-elle toucher l’âme de son sujet ou rendre l’humanité, que les hommes, l’Église et la société ont refusée à cette enfant ? Durant les longues heures de travail que nécessite ce portrait, une complicité va naître et peu à peu, entre la femme admirée et la jeune fille rejetée, va se tisser un lien profond. Derrière les apparences, Lavinia découvre bientôt un être sensible et intelligent. Mais une toile suffira-t-elle à réconcilier Tognina avec sa nature ? Dans un univers où le monstre n’est pas celui que l’on croit, cette œuvre va révéler les peurs et les superstitions, le désespoir et l’hypocrisie. Ce qui devait n’être qu’une commande mondaine pourrait devenir une rencontre décisive qui va bouleverser à jamais le destin des deux femmes aux prises avec les conventions de l’époque, le regard de Dieu et celui des hommes…Après Les Yeux Doux, le duo Corbeyran & Michel Colline nous plonge dans la genèse d’une œuvre conservée aujourd’hui au musée des Beaux-Arts de Blois. À travers cette fiction historique qui revient sur l’existence de Tognina, atteinte d’hypertrichose, les auteurs soulèvent des thématiques fortes et universelles comme la liberté, la foi ou la justice. Un album délicat, émouvant et plein d’humanité, qui aborde en toile de fond la place des femmes et le rôle de la peinture.