

S’émanciper des traumas de l’enfance : le récit d’une reconstructionÀ l’heure où l’on apprend à lire, Lauriane et ses camarades de CP ont appris à se taire. Jusqu’à ce que la vérité éclate et que sa petite sœur et ses camarades accusent leur maître d’école. Celui-ci est reconnu coupable de violences sexuelles et condamné par la justice.Des années après les faits, Lauriane ouvre la boîte noire de sa mémoire et retourne dans la cour d’école. Elle entrevoit l’hypocrisie de certains adultes et revient sur le chaos de son adolescence, lorsque tout remonte à la surface. Pour chasser les fantômes, elle nous entraîne sur le chemin d’une reconstruction possible. Sous nos yeux, la jeune adulte cherche à s’émanciper de l’enfant en mettant en scène un dialogue bienveillant entre la petite fille qu’elle était et la femme indépendante qu’elle est devenue. Son combat passe par la libération, maladroite et drôle, de « sa » parole et la réappropriation de son corps. Elle crie la colère qui la submerge, remet en question toute forme d’autorité et secoue les branches des tabous qui la cernent, résignée à ne plus jamais se laisser tomber.Car oui, on peut apprendre, grandir, s’aimer et aimer, et devenir le parent - un peu anxieux mais avisé - d’une petite fille qui, à son tour prendra le chemin de l’école. Aujourd’hui, Lauriane est devenue elle-même professeure.
Portofino, un soir de juillet, une fête de mariage touche à sa fin. Lucrezia, jeune épouse, fait la connaissance d’Agnès. Au bar d’un hôtel feutré, les deux femmes sympathisent, l’atmosphère est propice aux confidences. Agnès partage son drame : sous l’emprise d’un manipulateur, elle a tout perdu.Quand Agnès le rencontre, « Skipper » a tout pour plaire et leur idylle naissante ressemble à un conte de fées. Mais de menus détails révèlent progressivement une autre facette de sa personnalité. Qui est vraiment Skipper ? Quand elle finit par comprendre, il est déjà trop tard. Elle n’a pas été sa première proie et ne sera pas la dernière…
Priscilla Layne, professeure d'allemand afro-américaine aux origines caribéennes, s'est longtemps vue considérée comme une « Oreo » : jugée trop proche des Blancs par ses camarades noires, elle était également rejetée par les Blancs qui ne la voyaient pas comme l'une des leurs. C'est son histoire qui nous est transmise, depuis sa petite enfance marquée par les discriminations sexuelles, raciales et sociales, son adolescence rebelle où elle décide de se faire skinhead, de gauche, pour devenir une rude girl, jusqu'à ses études à l'étranger et ses choix professionnels. Mais Birgit Weyhe s'étant vue accusée d'appropriation culturelle lors d'un colloque dans une université américaine, elle est prise de doutes lorsqu'elle décide de consacrer une bande dessinée à Priscilla Layne. Ainsi le récit de cette trajectoire hors du commun se double-t-il d'une véritable mise en abyme du travail de création, car l'artiste, interpelée par son personnage principal, est amenée à s'interroger sur le moindre de ses choix, narratif ou esthétique. En résulte un ouvrage unique, qui mêle questions de classe, de race et de genre, et offre une réflexion puissante sur la place et les devoirs de l'artiste lorsqu'il ou elle s'empare de la trajectoire de personnages réels.