

Vincent et Sam. Plus que des amis, des frères. Ils ne se sont pas vus depuis que Sam est parti aux Fidji. Et quand il redébarque sans prévenir, il entraîne Vincent dans un road trip vers Biarritz, la ville de leur enfance. Sauf que depuis un an, la vie de Vincent a changé. Leur voyage de retrouvailles va vite dérailler, et se transformer en règlement de compte. Entre eux, mais aussi avec la vie.
Dans un monde peuplé d’humains sans jambe, sans bras ou sans tronc, Gus et ses trois têtes fait office d’exception, voire d’anomalie. Esclave moderne œuvrant dans une usine où la cadence est intenable, Gus broie du noir, et les spiritueux qu’il ingurgite lors de quelques beuveries désespérées ne lui apportent que des trous noirs abyssaux, et zéro réponse à sa quête de sens et d’identité. Une psychanalyse qui patine, une mère spécialisée dans les reproches, un secret de famille bien gardé – Gus, en perpétuel conflit avec lui-même, ne voit à quoi se raccrocher. Mais le jour où la cadence augmente encore sur les chaînes de montage, l’homme aux trois têtes craque et rend son tablier dans un coup d’éclat exemplaire. Un comportement détonnant qui fera de Gus le coupable idéal d’un sabotage survenu dans la grande usine… Dans des pages denses au noir et blanc soigné, et avec un sens de l’absurde assumé, Rachel Deville décrit un monde fantasque miroir du nôtre, un monde un peu fou qui produit trop, mais offre peu. Pourtant <em>Le Grand</em><em>Je</em> n’a rien d’un livre cynique ou désespéré, et se présente même plutôt comme une belle ode ode à la désobéissance, et une invitation à l’insoumission. Rachel Deville est une autrice rare (<em>L’Heure du loup </em>à L’Apocalypse, <em>La Maison circulaire</em> chez Actes Sud); elle réalise avec <em>Le Grand Je </em>un livre d’une grande originalité, qui fait se marier de façon rare <em>psychanalyse </em>et <em>lutte des classes</em>.
Dans ce petit livre, qui a donné lieu à une pièce de théâtre et à un court métrage, Lewis Trondheim multiplie les rebondissements avec une aisance inégalée. Le scénario le plus rocambolesque qui soit en 24 pages.