

Farideh Tehrani est la benjamine de sa famille. Petite dernière, elle est aussi née après la guerre Iran - Irak (1980 - 1988) contrairement à ses soeurs, ce qui lui donne une position très à part dans cette famille marquée autant par l'engagement politique et militaire que par le silence. Remontant les strates du temps, entre les imprécisions et un certain laconisme, Farideh tente de reconstruire ce passé auquel elle n'a jamais accès et qui pourtant inonde son existence. Elle interroge ses parents, retrace leur engagement au front. Travaillant à restituer ce qui est perdu, Farideh Tehrani nous offre une belle réflexion sur la fabrique des mémoires, et sur la façon dont nos héritages travaillent nos existences.
Né en 1978 d'un père syrien et d'une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d'abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d'être nommé professeur. Issu d'un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n'aide pas...), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n'a qu'une idée en tête : que son fils Riad aille à l'école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur. Ce premier tome couvre la période 1978-1984.