



Harrouda, prostituée déchue, mendie dans le labyrinthe de Fès. Elle montre son sexe aux enfants, qui lui donnent en échange du sucre et des oranges. Elle peuple les rêves du narrateur, marquant les étapes de son adolescence. Harrouda est aussi, sur un plan mythique, maîtresse du destin de deux villes : Fès, lieu de la tradition, aujourd'hui médina éventrée pour laisser le passage à l'automobile ; Tanger - que Jean Genet nomme Tanger-la-Trahison -, nostalgique de l'époque internationale et qui se détruit dans les illusions de la luxure. Seul le fantastique est vrai dans cette histoire à rêver. C'est le rire d 'un conteur venu d'une autre durée : le Maroc. Baudoin, après Le Procès-Verbal de J.M.G. Le Clézio, nous fait voyager avec ses images entre les lignes du premier roman de Tahar Ben Jelloun.
Mots rumeurs, mots cutter Je me suis levée, les mains tremblantes. J'entendais des chuchotements, des rires dans mon dos. J'ai pris le morceau de craie, regardé les chiffres inscrits sur le tableau. Des fractions qui auraient dû être faciles, des fractions qui se délitaient devant moi, des chiffres bizarres, monstrueux, qui me frappaient comme les insultes et les ricanements, comme la vérité qui me sautait au visage... Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini Charlotte Bousquet, l'auteure, et Stéphanie Rubini, l'illustratrice, se sont rencontrées autour de Précieuses, pas ridicules, un abécédaire décalé sur l'art et le féminisme. Après maints cafés, glaces et discussions, elles ont décidé de se lancer dans un nouveau projet : une série dont le premier opus, Rouge Ttagada, a été remarqué par la critique. Messages discrets, graffitis gravés sur les tables, petits cours, injures taguées dans les toilettes des filles, mots d'amour glissés dans un cahier : de ces souvenirs de collège est né Mots rumeurs, mots cutter, le deuxième tome de cette photo de classe en bande-dessinée.
2013 : Nalaxa est policière au poste de New Tsakane, à l'est de Johannesburg. Sur son bureau, des dossiers à trier et à classer. Parmi ceux-ci, l'un brûle les mains de la jeune femme : celui de Noxolo, une mère de 2 enfants, âgée de 24 ans qui fut violée puis battue à mort en 2011. Pourquoi ses tortionnaires n'ont-ils pas été identifiés et appréhendés ? N'y avait-il pas moyen de recueillir les indices nécessaires ? Et son orientation sexuelle ne serait-elle pas à l'origine du calvaire qui lui a été infligé, dans une Afrique du sud où le « redressement de lesbiennes » est une pratique sinistrement répandue ? Malgré les mises en garde de sa hiérarchie, Nalaxa ne peut s'empêcher de mettre son nez dans cette affaire. Elle contacte un groupe de défense des droits des homosexuels, EPOC...