

2013 : Nalaxa est policière au poste de New Tsakane, à l'est de Johannesburg. Sur son bureau, des dossiers à trier et à classer. Parmi ceux-ci, l'un brûle les mains de la jeune femme : celui de Noxolo, une mère de 2 enfants, âgée de 24 ans qui fut violée puis battue à mort en 2011. Pourquoi ses tortionnaires n'ont-ils pas été identifiés et appréhendés ? N'y avait-il pas moyen de recueillir les indices nécessaires ? Et son orientation sexuelle ne serait-elle pas à l'origine du calvaire qui lui a été infligé, dans une Afrique du sud où le « redressement de lesbiennes » est une pratique sinistrement répandue ? Malgré les mises en garde de sa hiérarchie, Nalaxa ne peut s'empêcher de mettre son nez dans cette affaire. Elle contacte un groupe de défense des droits des homosexuels, EPOC...
I like short songs raconte la nuit sans retour de quatre paumés dans une petite ville de banlieue américaine. Un braquage raté, une beuverie dans un bar miteux, une fin de nuit dans un hall d'immeuble seront quelques unes des étapes de ce road movie sordide. Le dessin étouffant, noir et épais comme le pétrole d'Olive Booger sert une ambiance moite, chargée de sexualité perverse et frustrée. Son décor est celui des mythiques villes de province américaine, qui ressemble étrangement à la banlieue parisienne que connait bien l'auteur. Mais la principale qualité de Booger réside dans sa capacité à rendre crédible les situations les plus improbables, et à nous les faire ressentir parfaitement par son sens du détail et la justesse des dialogues. Une bd rock, brute, sans concessions. I like short songs, premier long récit de ce jeune auteur, prendra le lecteur aux tripes par ses personnages ambivalents, aussi touchants que déboussolés, décrits sans fards et avec une désarmante sincérité.
Ça va derrière ? est le reportage d'un trajet en voiture sur la route des vacances. Sur un sujet d'une banalité apparente, Oriane Lassus développe son sujet en explorant les infinis micro-événements qui parsèment ces parcours éprouvant pour la cellule familiale : jeux, engueulades, ennui, mal des transports... rien n'échappe à l'oeil vigilant et au sens de l'observation truculent de la jeune dessinatrice. Avec un dessin inventif et libre, Oriane laisse son trait envahir la page et raconter en déformant en maltraitant ses personnages, tout en gardant un réalisme quasi-documentaire des situations. Le voyage en voiture devient une plongée kafkaïenne angoissante et oppressante, un huis clos entre 4 portières et une famille de quatre personnes prête à se détester tout le temps que durera l'infernal trajet. Prière de bien accrocher son estomac.